/lifestyle/books
Navigation
Dany Laferrière - Le baiser mauve de Vava

Des images qui remontent à son enfance

Dany Laferrière
Photo d’archives, Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

L’écrivain Dany Laferrière, membre de l’Académie française depuis décembre 2013, a relevé le défi de parler de la politique aux enfants dans le dernier tome de la trilogie de Vava, Le baiser mauve de Vava.

L’écrivain Dany Laferrière, membre de l’Académie française depuis décembre 2013, a relevé le défi de parler de la politique aux enfants dans le dernier tome de la trilogie de Vava, Le baiser mauve de Vava.

Rien ne va plus dans la ville de Petit-Goâve. En plus, Vava est malade, ce qui inquiète beaucoup Vieux Os. N’écoutant que son courage, il ne veut pas quitter la ville sans lui donner un baiser si puissant qu’il viendra à bout de la fièvre, de la peur et de la violence.

Véritable explosion d’énergie et de couleur, cet album jeunesse illustré avec grand talent par Frédéric Normandin reflète totalement l’univers de Dany Laferrière. «C’était un défi de faire un livre politique pour les enfants, pour clôturer la trilogie: le premier sur l’amour, le second sur la mort, le troisième sur la politique», commente l’auteur, en entrevue depuis Stockholm, en Suède.

«Je voulais faire quelque chose sans concession — même pour la langue, restée comme je l’aurais écrite pour n’importe qui. Avec une illustration d’une telle qualité, je pouvais aller au plus fort.»

La Belle au bois dormant

Dany Laferrière souhaitait prendre une histoire tout à fait locale, dans une petite ville, et la relier à une histoire universelle: celle de la Belle au bois dormant. «On se souvient que Vieux Os avait la fièvre dans Je suis fou de Vava — la fièvre de l’amour. On dit que la ville est en fièvre, aussi. Du point de vue esthétique, je voulais raconter une histoire aussi complexe, une lecture de la Belle au bois dormant, dans une petite ville prise de fièvre politique.

«Une petite fille a la fièvre et son amoureux n’arrive pas à la voir parce que la ville est infestée, si l’on peut dire, de police et de sbires du régime, du gouvernement. De tontons macoutes, comme on disait. Ce sont des images qui remontent à mon enfance.»

Dany Laferrière n’a rien grossi pour atteindre le quotidien, assure-t-il. «Je n’ai pas besoin d’utiliser de trucs choquants pour essayer de montrer la confusion dans laquelle se trouvait l’enfant et ce sentiment d’être pris dans un cauchemar. J’ai vécu ça et beaucoup de gens en Haïti l’ont aussi vécu.»


En librairie le 9 avril

Commentaires