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Les médicaments au Québec

Les Québécois paient 30 % trop cher

Les Québécois paient 30 % trop cher
illustration benoit tardif, colagene.com

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Les Québécois paient la facture de médicaments la plus salée au Canada. C'est la conclusion du professeur à l’école de santé publique de l’Université de Colombie-Britannique, le Dr Steve Morgan, l’auteur principal de l’Atlas RX canadien, qui évalue la consommation de médicaments à travers le pays.

Les Québécois paient la facture de médicaments la plus salée au Canada. C'est la conclusion du professeur à l’école de santé publique de l’Université de Colombie-Britannique, le Dr Steve Morgan, l’auteur principal de l’Atlas RX canadien, qui évalue la consommation de médicaments à travers le pays.

Au Canada, il en coûte en moyenne 650 $ par personne par année pour les médicaments, une facture totale de 23 milliards de dollars.

Le coût annuel des médicaments contre l’hypertension, le cholestérol, les brûlures et la dépression a diminué depuis cinq ans, alors que celui des médicaments contre l’arthrite, le VIH et le cancer a augmenté et devrait continuer d’augmenter à cause, entre autres, du vieillissement de la population.

Il reste que les trois classes de médicaments les plus prescrits demeurent les antihypertenseurs, qui coûtent le plus aux Canadiens (2,5 milliards), les anticholestérols (1,6 milliard) et les antidépresseurs (1,4 milliard).

Plus cher au Québec et dans les Maritimes

Les populations du Québec et des Maritimes dépensent plus en médicaments que le reste de leurs compatriotes canadiens.

La facture totale de médicaments est de 16 % supérieure à la moyenne canadienne au Nouveau-Brunswick, de 14 % à Terre-Neuve et Labrador, de 8 % en Nouvelle-Écosse et de ... 30 % au Québec.

Seule l’Île-du-Prince-Édouard est sous la moyenne canadienne.

Toutes les autres provinces paient moins cher pour leurs médicaments, la championne étant la Colombie-Britannique avec 20 % en bas de la moyenne canadienne.

Des différences explicables

Comment expliquer ces différences d’une province à l’autre?

En Colombie-Britannique, le gouvernement a établi des politiques récentes concernant le choix pour les traitements les moins dispendieux (économie de 73 millions) et les médecins de cette province prescrivent beaucoup moins de médicaments antihypertenseurs et anticholestérols (une autre économie de 291 millions).

En ne tenant pas compte des autres provinces, le coût par personne est 60 % plus élevé au Québec qu’en Colombie-Britannique.

Pourtant, selon les indicateurs de santé, les habitants de la Colombie-Britannique et du Québec ont une espérance de vie et une mortalité comparables.

L’état de santé physique et mental est bon dans les deux provinces et les taux d’obésité sont les plus bas au pays.

Par contre, les Québécois fument plus, sont plus sédentaires et se font moins vacciner contre la grippe, selon les auteurs du rapport.

De leur côté, les Britanno-Colombiens ont plus tendance à souffrir d’arthrite et de troubles de l’humeur, alors que les Québécois souffrent davantage de cancer et de maladies cardiaques.

Les médecins québécois sont en partie responsables de la facture globale plus élevée dans la province. C’est qu’ils ont tendance à prescrire des médicaments plus dispendieux pour ces maladies. Ils prescrivent aussi des molécules récentes qui coûtent plus cher et utilisent plus souvent la mention – ne pas substituer – par un médicament moins cher.

Il y a donc lieu d’informer davantage les médecins de notre province sur les économies à faire.

Tout n’est pas la faute des médecins.

Pauvreté et vieillissement

Au Québec, les médicaments coûtent aussi plus cher en raison des frais d’ordonnance plus élevés des pharmaciens.

Enfin, on ne peut passer sous silence des tendances démographiques plus lourdes au Québec et dans les provinces maritimes que dans le reste du Canada: le chômage, la pauvreté, le vieillissement de la population sont plus importants dans l’est du pays.

Il semble évident qu’autant le gouvernement que les médecins et la population doivent prendre ces résultats au sérieux et participer tous ensemble à un meilleur contrôle du coût des médicaments.

 

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