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Post-Mortem électoral

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Lalalalalalalalalalalalalala, (ça, c’est moi qui chante, très fort) (doigts dans les oreilles) (yeux fermés).

Lalalalalalalalalalalalalala, (ça, c’est moi qui chante, très fort) (doigts dans les oreilles) (yeux fermés).

Tout ceci n’est qu’un mauvais rêve!

Depuis lundi soir, mes petits doigts, sur mon clavier, ne savent plus quoi écrire.

Je regarde par la fenêtre. J’écoute de la musique. J’essaie de m’endormir.

Demain tout ira mieux.

Et non! Je me réveille, bougonneuse. Je lis les innombrables analyses électorales.

J’ai mal à la tête.

Long soupir.

Je me suis dit « Non Kim, non, ne parle pas des élections!»

J’ai tenté une chronique sur l’été qui s’en vient, les amis d’enfance, la coriandre fraîche, le kama-sutra, le yoga chaud, mais non, non, j’en suis incapable.

Je ne vois que la grosse face de Philippe Couillard apparaître dans ma tête, avec moi qui me répète: «Je peux pas croire, je ne peux pas le croire!»

OUI! J’ai perdu mes élections À la grandeur du Québec en plus!

Êtes-vous contents?

Je suis allée courir. J’ai passé la journée avec un enfant. Ça m’a redonné le goût de sourire. Je vais donc me rattacher à ma petite vie. Mes petites choses. Avoir au moins le contrôle sur mon quotidien, mon destin, ma vie. À défaut d’être complètement impuissante par rapport à l’avenir de ma société.

Je me sens comme un anachronisme ambulant. Une vieille affaire qui radote. Qui croit encore en Lévesque, Parizeau, Falardeau. Une folle. Je me sens comme une ceinture fléchée qui se promène et qui se fait dévisager parce que ce n’est pas le carnaval.

Je me sens comme une victime de Vincent Lacroix, volée, flouée, mais qui est obligée de continuer à faire affaire avec lui. Lui remettre mon argent entre les mains, une deuxième fois, en croisant les doigts en espérant qu’il la gère bien cette fois-ci.

Je lâche prise. Comme disait mon ami Louis, «tu t’en rendras même pas compte de la différence! Ça ne change rien dans notre quotidien».

Il est peut-être là, le problème. Faudrait qu’ils viennent directement piger dans notre compte en banque pour qu’on se choque, ça l’air que des coupures et des infrastructures qui tombent en ruine, c’est pas assez clair comme image.

Mes petites affaires

Ce sera donc ça.

Mes petites affaires. Me raccrocher à mon travail, mes amis, ma famille, mes amours. Ma petite vie. Celle-là, je peux avoir l’illusion de la contrôler et de la faire fonctionner, selon mes valeurs.

Je ferai donc comme tout le monde. Me regarder le nombril. Protéger mes acquis. Encourager le statut quo. Laissez les autres décider, diriger. Et me laisser mourir.

Fin.

C’est comme ça que j’aurais voulu finir ma chronique, lundi soir. Sur rien. N’empêche que je vois encore de l’espoir. J’ai passé au travers neuf ans de gouvernement Charest, je devrais survivre au gouvernement Couillard. Gardons seulement l’œil ouvert. Et l’oreille bien tendue, surtout pendant la commission Charbonneau.

Je suis sortie de ma petite coquille «travail, amis, amour, nombril».

Je vais regarder ce qui se passe dehors. Souhaitez qu’un jour, on puisse voter de manière plus juste, par suffrage universel par exemple. Si c’est trop utopique pour moi, espérons que ce soit possible pour mes enfants.

Je suis prête pour le prochain quatre ans. Ma casserole n’est pas trop loin.


 

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