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Santé

Trop d’antidépresseurs au Canada

Les Canadiens sont encore de grands consommateurs de médicaments antidépresseurs avec une facture d’environ 1,4 G $ par année.
illustration benoit tardif, colagene.com Les Canadiens sont encore de grands consommateurs de médicaments antidépresseurs avec une facture d’environ 1,4 G $ par année.

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Même si le coût annuel des médicaments contre la dépression a diminué au Canada depuis cinq ans, il reste que les Canadiens sont encore de grands consommateurs de médicaments antidépresseurs avec une facture d’environ 1,4 milliard de dollars par année. Telles sont une partie des conclusions du rapport Panorama de la santé 2013 publié par l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE).

Même si le coût annuel des médicaments contre la dépression a diminué au Canada depuis cinq ans, il reste que les Canadiens sont encore de grands consommateurs de médicaments antidépresseurs avec une facture d’environ 1,4 milliard de dollars par année. Telles sont une partie des conclusions du rapport Panorama de la santé 2013 publié par l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE).

Ces données sont étonnantes quand on sait qu’encore trop peu de personnes décident de parler de leurs problèmes dépressifs à un professionnel de la santé et que, chaque année, une personne sur 20 est frappée par la dépression.

La dépression est un trouble complexe.

Des facteurs biologiques (maladie bipolaire), sociaux (violence conjugale), environnementaux (pauvreté), psychologiques (abus de substance) et culturels (ségrégation) peuvent, seuls ou en combinaison, contribuer à cette maladie.

Les personnes souffrant de maladies chroniques présentent souvent aussi une dépression, ce qui peut même aggraver l’évolution de certaines maladies, comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires.

Toutes ces raisons peuvent expliquer en partie l’augmentation de prescriptions d’antidépresseurs.

Mais il y en a d’autres.

Avec la démystification des maladies mentales, on peut supposer que de nombreux déprimés hésitent moins à consulter leur médecin de famille et à se faire prescrire un antidépresseur à la suite d’une courte consultation.

Enfin, la solitude peut également expliquer en partie l’augmentation de l’incidence de la dépression. Par exemple, un Montréalais sur cinq vit actuellement seul dans son logement. C’est le taux le plus élevé au Canada.

Il en est de même pour les personnes âgées qui vivent seules ou recluses dans un centre d’accueil.

Les conditions de vie

Nous devons donc tenir compte du contexte et des conditions de vie des personnes en proie à une dépression; pour répondre aux besoins particuliers de chacun et chacune et avoir une efficacité maximale, la collaboration entre les professionnels de la santé est de mise.

Malheureusement, parmi les barrières au traitement efficace de la dépression, il y a le manque de ressources professionnelles, le peu de temps que les médecins de famille peuvent accorder aux patients déprimés, le manque de professionnels formés et le stigma social associé à la dépression.

Pour la dépression légère ou modérée, la thérapie cognitivo-comportementale est le traitement de choix, alors qu’une intervention psychosociale, de type résolution de problème, peut aider une personne qui vit des difficultés personnelles telles que des problèmes familiaux, des difficultés financières ou professionnelles. Encore faut-il avoir suffisamment de professionnels qui ont le temps et la formation dans ce domaine.

Quant à la médication antidépressive, elle ne devrait être prescrite qu’aux personnes souffrant de dépression sévère, et ce, à la suite d’un examen physique et psychiatrique complet.

Complexité

La dépression traduit une situation complexe. Son traitement doit intégrer diverses approches, incluant la psychothérapie, la prescription de médicaments et une analyse de la réalité sociale de la personne touchée.

Seule cette approche pourrait mener à une réduction de la consommation d’antidépresseurs.

 

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