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Compressions de 3,7 milliards

Couillard devra trouver 3,7 milliards $ cette année

Gel de l’embauche et compressions budgétaires sont au programme

Philippe Couillard
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL DE QUÉBEC

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Le Québec est dans le rouge de près de 5,5 milliards $ selon Philippe Couillard. Pour respecter la cible de déficit de 1,75 G $ en 2014-2015, il devra trouver 3,7 milliards $ dès cette année. Des compressions sont inévitables.

Le premier ministre en a lui-même fait l’annonce lors d’un point de presse à Québec, à l’issue de la toute première réunion de son conseil des ministres. Les libéraux ont découvert un gouffre financier plus important que prévu. M. Couillard a mis la table pour des compressions, préférant toutefois le terme «effort budgétaire».

La machine administrative a déjà identifié 1,8 milliard $ à récupérer, a précisé M. Couillard. Des choix qui n’ont toutefois pas été «validés politiquement». À cela, «il faut ajouter un autre 1,9 milliard $ d’effort budgétaire donc un total de 3,7 G$ (…) Il faut donc agir maintenant», a-t-il déclaré.

Tous les ministères, organismes et sociétés d’État seront mis à contribution. Au menu : gel d’embauche, réduction des dépenses pour le temps supplémentaire, les voyages et la publicité gouvernementale. Ils devront diminuer leurs dépenses de fonctionnement de 3% et réaliser des gains de productivité qui correspondent à 2% de leur masse salariale. Un objectif «incontournable pour tout le monde», a-t-il insisté.

Cette première série de mesures devrait rapporter 490 millions $ au trésor public. D’autres mesures d’austérité suivront, a-t-il prévenu. M. Couillard entend réévaluer toutes les promesses faites par le PQ avant la campagne électorale (qui feraient grimper à 6,1% la croissance des dépenses) et l’ensemble programmes gouvernementaux. «On ne fera pas de mur à mur. On va y aller cas par cas».

Il s’engage à protéger les services aux citoyens en santé et en éducation ainsi que l’aide aux personnes vulnérables. Pas question non plus d’augmenter le fardeau fiscal des Québécois, a-t-il assuré. Les hausses de taxes, de tarifs et d’impôts sont exclues pour renflouer les coffres.

Déficit zéro en 2015-2016 ?

Malgré l’ampleur du défi, il garde «fermement» le cap sur le retour à l’équilibre budgétaire l’année suivante, en 2015-2016. Lors d’une mêlée de presse en matinée, le ministre des Finances Carlos Leitao avait refusé de réitérer la promesse de son chef en campagne électorale et de garantir cet échéancier, laissant planer un doute.

La sortie du premier ministre, entouré de ses 26 ministres, avait des airs de déjà-vu. Les nouveaux gouvernements identifient pratiquement toujours un trou budgétaire à leur arrivée au pouvoir.

M. Couillard a évité de casser du sucre sur le dos du Parti québécois parce que les citoyens, dit-il, en ont assez de ce type de discours. «Les problèmes structurels dépassent les changements de gouvernement». Plus tard, il a toutefois reproché au précédent gouvernement la chute des revenus de l’État, notamment l’impôt des sociétés, qu’il attribue à la crise de confiance provoquée par les décisions du PQ.

La cible de déficit de 2,5 G $ en 2013-2014 n’a finalement pas été atteinte. Le solde budgétaire s’est établi à 3,1 G $, a-t-il annoncé.

Vérificateur général

Philippe Couillard a déjà interpellé le vérificateur général pour obtenir un portrait réel des finances publiques. Il espère avoir son compte-rendu avant le dépôt du premier budget Leitao en juin.

Il avait également mandaté les économistes Luc Godbout et Claude Montmarquette dans les jours suivant l’élection du PLQ pour obtenir un premier portrait indépendant. Ils ont eu accès, dit-il, à l’«ensemble des chiffres de la fonction publique». Leur rapport sera dévoilé vendredi matin à Québec.

Le député caquiste Christian Dubé se réjouit du rapprochement du discours de M. Couillard avec celui de la CAQ. «Ils ont vu la lumière, moi, je suis content ! C’est exactement ce qu’on a dit pendant la campagne. Je leur offre ma collaboration. S’ils veulent qu’on travaille avec eux, ça va nous faire plaisir pour que ça aille plus rapidement.»

La reprise des travaux parlementaires aura lieu le 20 mai. Le gouvernement Couillard va prioriser, au menu législatif, le projet de loi sur les soins de fin de vie et le projet de loi sur l’inspecteur général à la ville de Montréal.

Les finances publiques dans un état précaire
3,1 milliards $ Déficit en 2013-2014
600 millions $ de plus que la cible de 2,5 G$
5,4 milliards $ Déficit anticipé en 2014-2015. Le gouvernement Couillard devra trouver 3,7 G$ pour atteindre un déficit de 1,75 G$ en 2014-2015
Compressions budgétaires
Tous les ministères, organismes, réseaux publics et sociétés d’État devront s’atteler à la tâche pour économiser 490 M$ en 2014-2015:
1
Diminution des dépenses administratives de 3 %
2
Gains de productivité représentant 2 % de la masse salariale
3
Ralentissement des octrois de subventions dans plusieurs domaines
4
Gel d’embauche dans le secteur public
5
Diminution du temps supplémentaire
6
Réduction des dépenses de voyages et de publicité
Mesures pour relancer l’économie

Crédit d’impôt de 20 % à la rénovation résidentielle (investissement minimal de 3000 $; le crédit est plafonné à 2500 $ pour des travaux de 12 500 $)

Augmentation «significative» des budgets pour les travaux sylvicoles (le ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard, dévoilera les détails sous peu)

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