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Hydroélectricité

Des chercheurs se penchent sur l’héritage de Lévesque

René Lévesque est celui qui a piloté le dossier de la nationalisation de l’hydroélectricité.
Photo Archives / Agence QMI René Lévesque est celui qui a piloté le dossier de la nationalisation de l’hydroélectricité.

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Alors que certains économistes proposent la privatisation partielle ou complète d’Hydro-Québec, des chercheurs se sont penchés vendredi sur l’héritage de René Lévesque, celui qui a piloté le dossier de la nationalisation de l’hydroélectricité, un incroyable moteur pour l’économie québécoise, ont-ils constaté.

L’événement était présenté par la Fondation René Lévesque qui vise notamment à mieux comprendre l’action de l’ex-premier ministre qui a amené le Parti Québécois au pouvoir en 1976.

«On n’a pas encore saisi toute l’importance de René Lévesque mais aussi d’Hydro-Québec dans nos vies», a lancé l’ex-premier ministre Bernard Landry qui a piloté le Québec entre 2001 et 2003 et qui a bien connu M. Lévesque.

Outre l’expertise développée par les employés d’Hydro-Québec, M. Landry constate que plusieurs entreprises ont été créées et ont grandi avec la société d’État, notamment SNC-Lavalin. L’impact d’Hydro-Québec se fait aussi sentir dans les livres de l’État qui reçoit grosso modo 2 milliards $ annuellement en dividendes de part de la société d’État.

M. Landry a rappelé que la nationalisation a été une des pierres angulaires de la Révolution tranquille.

«Quand on regarde différents indices comme ceux développés par l’économiste Joseph Stiglitz, le Québec se classe très bien mondialement. C’est ça l’héritage québécois et René Lévesque y a participé activement. Sans lui, la Révolution tranquille n’aurait pas été celle que nous avons connue», a rappelé M. Landry.

Selon lui, la très grande force de M. Lévesque est qu’il avait réussi à s’entourer de gens très compétents. Peu féru des chiffres et désorganisé, il avait recruté un des économistes les plus réputés en la personne de Jacques Parizeau qui avait un doctorat de la London School of Economics.

«Il a toujours dit, le destin du Québec ne doit pas être autre que l’indépendance du Québec. Il doit être présent au concert des nations», a dit M. Landry.

Un historien a rappelé que le projet de nationalisation avait été fort décrié au départ notamment par Daniel Johnson, alors chef de l’Union nationale. «On assimilait l’expérience à du bolchévisme, à du socialisme», a souligné Stéphane Savard, professeur au département d’histoire à l’UQAM.

Le Québec devrait-il s’inspirer de la Norvège ?

Plus tard, lors d’un panel, le professeur Pierre-Olivier Pineau, spécialiste des questions énergétiques, a proposé que le Québec rapproche son modèle d’hydroélectricité de la Norvège, pays souvent cité pour sa gestion méthodique du pétrole.

Le Québec, tout comme la Norvège, sont deux producteurs importants d’hydroélectricité. Mais les clients payent davantage pour leur électricité (valeur du marché) résultat d’une libéralisation de son système. Au Québec, les clients payent moins cher alors que le prix est ajusté sur le coût de production.

Il y a 180 producteurs d’hydroélectricité en Norvège (souvent des municipalités) et un nombre équivalent de distributeurs mais l’État demeure propriétaire de 30 % de la production.

M. Pineau croit que le Québec devrait lui aussi s’ouvrir à plus de concurrence avec des acteurs du domaine public tout en s’ouvrant sur les marchés voisins (Nord-Est américain, Ontario, Nouveau-Brunswick).

Dans l’essentiel, M. Pineau croit surtout que le prix de l’hydroélectricité devrait être augmenté surtout pour les plus riches, une proposition qui est toutefois loin de faire l’unanimité.

Quelques ténors péquistes ont assisté au colloque notamment l’ex-haut fonctionnaire Louis Bernard, l’ancien ministre Yves Duhaime ainsi que le député de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau.

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