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Équilibre Budgétaire

La vente d’actifs ne règlerait rien, dit Marceau

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Photo Sébastien St-Jean / Agence QMI L’ex-ministre des Finances dans le gouvernement Marois, Nicolas Marceau.

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L’ex-ministre des Finances dans le gouvernement Marois, Nicolas Marceau, n’est pas du tout convaincu que le gouvernement du Québec est rendu à devoir vendre des actifs pour équilibrer les budgets.
 
«Ça peut générer des revenus à un moment donné dans le temps, mais ça ne règle pas les problèmes structurels, a-t-il commenté, lors d’un entretien à la chaîne Argent.
 
Vendredi, les économistes Luc Godbout et Claude Montmarquette ont suggéré au gouvernement Couillard d’envisager la privatisation partielle d’Hydro-Québec et de la Société des alcools du Québec, s’il s’avère impossible de rééquilibrer le budget de la province.
 
La veille, le premier ministre Philippe Couillard avait indiqué qu’il devrait trouver 3,7 milliards $ pour atteindre la cible de déficit de 1,75 milliard $ en 2014-2015.
 
M. Marceau ignore d’où vient ce montant. «On a probablement présenté au gouvernement la liste des souhaits des ministères, a-t-il dit. Une somme de 3,7 milliards $, cela représente une hausse de 6 % des dépenses des ministères. Mais en pratique, on leur accorde des hausses réduites pour gérer de façon responsable.»
 
Le porte-parole des Finances au Parti québécois convient que le gouvernement Couillard devra faire un exercice difficile pour convenir les dépenses, et qu’il aura «un grave problème», s’il refuse de revoir ses façons de faire.
 
M. Marceau cite notamment l’idée avec laquelle jonglerait Philippe Couillard de ne pas étaler la hausse des salaires des médecins, «un somme de 500 à 700 millions $».
 
Selon M. Marceau, les libéraux se sont trompés avec leur cadre financier en campagne électorale.  Philippe Couillard semble «découvrir la situation», a dit M. Marceau, alors que «nous n’avons jamais caché qu’elle était difficile».
 
«M. Couillard a passé la campagne à annoncer des dépenses, a-t-il ajouté. Il tente aujourd'hui de se sortir par tous les moyens du coin dans lequel il s'est peinturé».
 
M. Marceau n’est pas non plus convaincu que le gouvernement libéral doive reporter l’équilibre budgétaire d’une année.
 
«Je ne crois pas qu’on en soit là, je vais attendre les détails, a-t-il précisé. Lorsque cela nous est arrivé, c’est que les revenus n’étaient pas au rendez-vous. Cette fois-ci, il n’y a pas nouvelles histoires de revenu. Sil y en a, ce sont des éléments plutôt faibles.»
 
La CAQ veut le rapport du vérificateur général
 
Le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de Finances, Christian Dubé, trouve «énorme» l’écart identifié par le vérificateur général en février et les chiffres avancés par les experts.
«Ils disent : l'écart que le vérificateur avait identifié à ce moment-là, de 1 milliard $, est rendu à 3,7 milliards $. Ça veut dire qu'entre le 19 février et le 7 avril, […] il y a un écart sur l'année 2014-2015 de 2,7 milliards $. C’est énorme», a déclaré M. Dubé.
 
Pour mieux y voir clair, M. Dubé réclame le dépôt du nouveau rapport que Philippe Couillard a demandé auprès du vérificateur général, «le plus rapidement possible». Il veut aussi que les libéraux déposent le prochain budget sur la base des dépenses consolidées, plutôt que celles des programmes.
 
Pas une option
 
Réagissant au rapport des deux experts, le chercheur Simon Tremblay-Pépin à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) n’a pas mâché ses mots.
 
«Les mêmes propositions qu'on entend sans cesse depuis 2010 sont ramenées ici : compressions budgétaires, hausse des tarifs, diminution des impôts, a-t-il dit. MM. Godbout et Montmarquette invitent même à une privatisation partielle d'Hydro-Québec ou de la SAQ.»
 
Selon le chercheur, «toutes ces options perpétueraient le marasme économique, ce qui ferait encore diminuer les entrées de revenus et continuerait à nous garder prisonniers de la logique d'austérité-stagnation».
 
Pour sa part, l’économiste Youri Chassin de l’Institut économique de Montréal a souligné qu’on sait depuis un certain temps que le déficit budgétaire est difficile à résorber.
 
«Cela fait cinq ans que la récession est derrière nous et on aurait dû retrouver la croissance. Le déficit était de 1,6 milliard $ il y a deux ans, et pour l’année qui vient de se terminer, il devait être de 2,5 milliards $, et finalement on nous annonce que ce sera 3,1 milliards $. Et si rien n’est fait, pour l’année en cours, on va se retrouver avec un déficit de 3,7 milliards $.
 
«J’irais presque à dire que c’est un déficit structurel, (le fait) qu’il augmente, alors qu’il y a une croissance économique, a-t-il ajouté. Ce n’est pas une surprise, et on constate qu’il y a urgence en la demeure.»
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