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Une leçon de générosité

Les jeunes Québécois d’origine haïtienne nous donnent toute une leçon d’engagement et de générosité

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J’ai beaucoup d’admiration pour Régine Chassagne d’Arcade Fire, un de mes groupes musicaux préférés. Je suis allée voir leur spectacle à Ottawa et je ne raterai pas celui présenté par evenko à Montréal au mois d’août prochain. J’admire cette jeune femme d’origine haïtienne pour l’artiste accomplie qu’elle est. Mais plus encore, je l’admire pour sa détermination à vouloir faire une vraie différence pour le mieux-être de la population d’Haïti.

J’ai beaucoup d’admiration pour Régine Chassagne d’Arcade Fire, un de mes groupes musicaux préférés. Je suis allée voir leur spectacle à Ottawa et je ne raterai pas celui présenté par evenko à Montréal au mois d’août prochain. J’admire cette jeune femme d’origine haïtienne pour l’artiste accomplie qu’elle est. Mais plus encore, je l’admire pour sa détermination à vouloir faire une vraie différence pour le mieux-être de la population d’Haïti.

En effet, Régine Chassagne s’est alliée à deux autres jeunes femmes d’origine haïtienne, Dominique Anglade, nouvelle PDG de Montréal International, et Madeleine Féquière, directrice du crédit corporatif chez Domtar, pour mettre sur pied la Fondation KANPE. Et les résultats sont là. Dans le village de Baille Tourible, 100 % des maisons ont été rénovées. On a installé des filtres à eau, des latrines, des lampadaires. On a construit une route. On a distribué du bétail et des semences. Le taux d’insécurité alimentaire est passé de 81 % à 33 %. Plus important encore, on a donné des cours d’alphabétisation. Avant, seulement trois enfants sur dix allaient à l’école. Aujourd’hui, plus de huit sur dix sont scolarisés. Ça s’appelle faire une différence...

Des modèles

Mais le plus beau dans l’histoire que je vous raconte est que Régine, Dominique et Madeleine ne sont pas seules à être des modèles de réussite et d’engagement au Québec. Monica Ricourt est une élue de Montréal depuis cinq ans et a été nommée en 2011 par la revue L’actualité une des 35 jeunes politiciens d’avenir au Québec. Patrick Gilles mène de main de maître la Jeune Chambre de commerce haïtienne fondée, notamment, par la jeune avocate Karine Joizil. Jean-David Prophète, diplômé de l’UQAM en sciences politiques, a formé une coalition d’organismes et a fondé une petite entreprise en environnement à Jacmel en Haïti. Ce ne sont là que quelques exemples. Les jeunes Québécois d’origine haïtienne nous donnent toute une leçon d’engagement et de générosité. En effet, tous ces jeunes nés ici, ceux de la deuxième et troisième génération, assument de belle façon leur responsabilité d’être la relève de la diaspora haïtienne.

Loin des clichés

On est vraiment très loin des clichés habituels, gangs de rue et compagnie, qu’il ne vaut même pas la peine de répéter. Tout au contraire, ces jeunes Québécois sont pleinement conscients qu’ils prennent la relève de leurs pères, mères, grands-parents, qui sont venus construire le Québec moderne au cours des années 60. Car il faut se rappeler que, dans la foulée de la Révolution tranquille, le Québec a eu besoin du talent et de la compétence de professeurs, médecins, ingénieurs et infirmières haïtiens. Aujourd’hui, par un juste retour des choses, les jeunes de la diaspora haïtienne veulent contribuer à rebâtir une Haïti moderne et forte.

Le 27 avril, comme dans plusieurs autres métropoles du monde, la Journée de la diaspora haïtienne se tiendra au musée McCord à Montréal. Et c’est la contribution des jeunes Québécois d’origine haïtienne qui sera mise en lumière. Quand vous les croiserez, il n’est pas nécessaire de leur demander s’ils sont nés ici. Demandez-leur plutôt de vous raconter ce qu’ils font généreusement pour notre pays et pour Haïti.

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