/news/health
Navigation
Sa grippe était plutôt la mangeuse de chair

Elle sort de l’hôpital sans ses jambes

Ce qui était au départ une influenza s’est révélée être une pneumonie et une bactérie mangeuse de chair

Kathy Wilchek
Photo agence qmi, robert côté

Coup d'oeil sur cet article

La vie de Kathy Wilchek a complètement basculé il y a quelques mois. La femme de 39 ans et son conjoint se sont rendus à l’urgence pour ce qui s’apparentait à une grippe. Treize jours plus tard, les médecins n’avaient d’autre choix que de lui amputer les deux jambes.

Quelques jours avant sa visite à l’hôpital, Kathy Wilchek se sentait faible et enrhumée. Le 30 décembre, elle a de la difficulté à respirer et décide de se rendre avec son conjoint à l’Hôpital Charles-LeMoyne.

«Après 12 heures d’attente et des radios des poumons, le docteur a diagnostiqué une influenza», raconte la résidente de l’arrondissement de Saint-Hubert.

On lui recommande donc de retourner chez elle en lui expliquant qu’il n’y a rien à faire et que tout allait rentrer dans l’ordre dans les prochains jours.

Pourtant, 12 heures plus tard, rien ne va plus. Kathy n’en peut plus et demande à son conjoint d’appeler l’ambulance.

«À partir de ce moment-là, je ne me souviens plus de grand-chose», raconte-t-elle.

Après un arrêt cardiaque et plusieurs prises de sang, on lui diagnostique finalement une pneumonie et une bactérie mangeuse de chair aux poumons.

«Ç’a été long avant qu’ils trouvent la bactérie! Ils ne l’ont pas vue dans les prises de sang, ni dans la salive, et ils l’ont finalement trouvée dans les sécrétions de mon tube d’intubation», ajoute-t-elle.

Vingt-quatre heures après la découverte de la bactérie mangeuse de chair, alors que Kathy est plongée dans un coma artificiel, les médecins proposent à son conjoint de lui administrer les soins de confort.

«Les médecins pensaient que c’était la seule solution et qu’il n’y avait plus d’espoir, mais mon conjoint Frank s’est opposé. Il voulait me sauver», raconte-t-elle.

Une opposition salvatrice

Lorsque son mari s’est opposé, les médecins ont immédiatement amorcé les traitements de dialyse et l’administration de médicaments. Ensuite, le sang a peu à peu arrêté de circuler dans les extrémités de Kathy.

«C’est à ce moment-là que les médecins ont commencé à parler d’amputer mes deux jambes et le bout de mes doigts, mais ni mon conjoint, ni ma famille ne pouvaient prendre cette décision à ma place», explique-t-elle.

Avec l’accord de son conjoint et de sa famille, les médecins ont sorti Kathy du coma artificiel dans lequel elle était plongée depuis son arrivée à l’hôpital.

«Ils ont expliqué à ma famille que s’ils ne m’amputaient pas, je ne survivrais pas», s’exclame-t-elle.

«Quelques minutes après m’être réveillée, j’ai fait un signe de la tête que j’étais d’accord», ajoute Kathy.

Le 11 janvier, elle a donc été amputée de ses deux jambes. «J’ai failli perdre mes mains aussi», raconte-t-elle.

Pour l’instant, elle a peu de sensation au bout de ses doigts et peu de force, mais, selon les médecins, la sensation pourrait revenir dans la prochaine année.

« Élan de générosité »

Depuis ces tragiques événements, la communauté n’a pas hésité à démontrer toute sa sympathie envers Kathy Wilchek.

«Plusieurs évènements découleront de cet élan de générosité», souligne la principale intéressée.

Un zumbathon aura entre autres lieu le 31 mai, à la salle multifonctionnelle de Carignan, et le spectacle sera orchestré par Lulu et Rick Hugues. «Ce sont des amis de la famille», souligne Kathy.

L’argent amassé lui permettra de se procurer les meilleures prothèses possible, ce qui équivaut à plus de 100 000 $.

Cette sympathie s’est aussi fait sentir durant son long séjour à l’hôpital. «Les infirmières ont été extraordinaires avec moi; je n’aurais pu demander mieux», lance-t-elle.

 

Commentaires