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Nouveau roman de Marc Levy

Road trip et révoltes étudiantes

Marc Lévy
Courtoisie

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L’écrivain français Marc Levy, auteur de 15 livres à succès vendus à plus de 30 millions d’exemplaires à travers le monde, s’est interrogé sur les questions du bonheur véritable et de la liberté, en se plongeant dans un pan méconnu de l’histoire américaine pour son nouveau roman, Une autre idée du bonheur.

Le roman, sorti la semaine dernière en France, fait son arrivée sur les tablettes des librairies aujourd’hui même au Québec. Il a d’ailleurs été imprimé au Québec, de manière à être disponible au plus vite pour les lecteurs. Il raconte l’histoire d’Agatha, une femme qui s’évade de prison puis s’invite dans la voiture d’une jeune femme, Milly, avant de l’entraîner dans une cavale mémorable sur les routes américaines.

«C’est notre actualité qui m’a fait m’interroger parce que le monde occidental est secoué par ces révoltes et nous en avons vécu quelques-unes importantes au cours des trois dernières années», commente Marc Levy en entrevue téléphonique de sa maison de Manhattan. «J’ai été frappé par ces révoltes, qui venaient toujours du monde étudiant, de la jeunesse, comme si l’homme, à son âge adulte, installé dans un certain conformisme, dans un certain confort tout court, ne trouvait plus ce courage de remettre les choses en question.»

Racisme et ségrégation

Au cours de l’époque évoquée par Marc Levy, il est question de racisme, de ségrégation, d’opposition étudiante réprimée par le gouvernement. Pendant ses recherches, l’écrivain a tiré ses conclusions. «Les méthodes de gouvernance ne changent pas tellement quand on y pense. Je parle par des États-Unis, je parle dans le monde. On s’aperçoit que les mêmes ficelles marchent. Quand une partie de la société se révolte, les gouvernements vont très souvent provoquer des actions violentes pour discréditer ces gens-là. J’ai trouvé très intéressante cette thématique du discrédit d’une cause juste. Cette thématique est intéressante à raconter à la jeunesse d’aujourd’hui parce qu’elle est au coeur de toutes les révoltes.»

«Ce qui m’a le plus interpellé, c’est ce besoin universel de liberté auquel nous aspirons et cette volonté des politiques de contraindre ces libertés, comme si nous n’avions pas encore trouvé, au 21e siècle, une façon de nous faire gouverner sans que nos gouvernements abusent de ce pouvoir qui leur est confié. Même dans nos démocraties, il y a un besoin de rester extrêmement vigilant. Dans cette histoire, ce que traverse l’Amérique dans les années 70, cette extraordinaire répression, cette politique dure et violente qui est menée, où des dizaines d’étudiants seront assassinés, ne réussira pas pour autant à entacher l’image de l’Amérique, pays des libertés. C’est fascinant.»

Influence

Le roman écrit comme un road trip se situe à la fin des années 60 et au début des années 70, époque culte en littérature américaine. «Le roman On the Road de Jack Kerouac a été très présent à côté de moi pendant l’écriture de ce roman parce que j’ai beaucoup pensé à lui. Il était en amont de cette époque, avec Ginsbgerg et Ferlinghetti, mais il est au cœur de cette génération.»

Pendant ses recherches, Marc Levy a rencontré d’anciens membres des Weather Underground, un mouvement de gauche radical. «L’une d’entre elles a beaucoup inspiré le personnage de Vera parce qu’elle est vraiment enseignante. Elle m’a dit: quand je raconte à mes élèves cette époque, et tout ce que les gens ont fait au nom de la liberté, ils sont émerveillés. Et je ne peux pas leur dire que j’en faisais partie parce que je risque encore d’aller en prison. Je trouve ça extraordinaire. C’est vraiment peut-être ce qu’il y a de plus beau dans l’abnégation.»

À lire dimanche, l’entrevue avec Marc Levy

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