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Cybersécurité | Réseaux sociaux

Un cours sur les médias sociaux « dangereux » pour les espions

Chaque frappe sur le clavier laisse une trace sur internet, dit le SCRS

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Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ne veut pas que ses milliers d’espions commettent des gaffes sur les réseaux sociaux qu’ils utilisent aussi pour leur travail, en particulier Twitter et Facebook.

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ne veut pas que ses milliers d’espions commettent des gaffes sur les réseaux sociaux qu’ils utilisent aussi pour leur travail, en particulier Twitter et Facebook.

Le SCRS a adressé en novembre dernier des lignes de conduite à tous ses espions, a appris notre Bureau d’enquête.

Un document a été conçu pour aider les employés de l’agence fédérale à «gérer» leur présence en ligne (avec des vrais comptes ou avec des faux noms à des fins d’espionnage ou pour préserver l’anonymat) de façon «responsable et sécuritaire.»

Nous avons obtenu un exemplaire en vertu de la Loi d’accès à l’information fédérale.

«Chaque frappe sur le clavier laisse une trace sur internet. Une seule erreur peut ruiner des mois ou des années d’utilisations prudentes, comme certains délinquants en ligne et des pirates informatiques l’ont découvert beaucoup trop tard», dit le document.

On les invite même à surveiller très attentivement ce que leurs proches téléchargent comme photos, ce qu’ils disent à leur sujet ou encore la divulgation des dates de naissance.

On suggère aux espions d’évaluer la pertinence de supprimer des vieilles photos ou des messages «qui ont été mis en ligne dans leur jeunesse insouciante qui pourraient être embarrassants dans la vie professionnelle, présentement…»

« VOUS NE BAISEZ PAS »

Le document de huit pages reconnaît, avec un certain humour, que les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, LinkedIn, Instagram, Pinterest et d’autres sont omniprésents dans notre société moderne.

On cite Bruce Schneier, un des plus gros penseurs dans le domaine de la cybersécurité, qui a prétendu: «Si vous n’êtes pas sur Facebook, vous n’entendez pas parler des fêtes, vous ne voyez pas vos amis et vous ne baisez pas.»

Mais le SCRS tient à rappeler que le partage d’informations en ligne avec ses collègues, sa famille et ses amis peut être dangereux pour tout espion, surtout avec des tablettes et des téléphones intelli­gents.

Le Service du renseignement avertit ses employées que tous ses conseils en matière de sécurité ne garantissent rien: «Ce n’est pas un système infaillible, comme vous le savez probablement.»

UNE MESURE EXTRÊME

Pour les espions qui pourraient avoir une peur mortelle des réseaux sociaux, l’agence de renseignement leur suggère ce qu’elle-même qualifie de «mesure extrême»...

«Supprimez vos comptes de médias sociaux et redécouvrez les plaisirs de l’ancienne façon de vous connecter avec vos amis et votre famille dans la vraie vie», dit le document.

 

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