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Potentiel explosif

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On savait déjà que l’axe Coderre-Labeaume détenait le potentiel d’une véritable machine de guerre, mais lorsqu’en plus leurs demandes communes bénéficient d’un appui massif de la population, il y a de quoi faire trembler le gouvernement.

Ce premier coup de sonde sur les grandes demandes des villes québécoises démontre certainement un niveau de confiance élevé de la part de la population à l’endroit de Denis Coderre et Régis Labeaume.

Les élus des deux plus grandes villes au Québec, qui ont décidé d’unir leurs voix au lendemain des élections de novembre, réalisent ainsi tout un tour de force.

À l’heure où les politiciens font l’objet d’une suspicion sans précédent, alimentée par les révélations de la commission Charbonneau, peu d’élus peuvent en effet se vanter de s’attirer un tel capital de sympathie de la part des citoyens.

Joute politique

Les libéraux ont manifesté leur accord tant avec les demandes de pouvoirs accrus des villes que des statuts pour Québec et Montréal.

Irrités que les villes continuent d’être considérées comme des créatures du gouvernement — ce qu’elles constituent néanmoins en regard de la loi — les maires de Québec et Montréal ont convenu avec le ministre que tout sera revu, sans a priori. On veut ainsi rétablir un déséquilibre engendré par les modifications apportées à la fiscalité municipale, en 1982. Il faudra voir toutefois jusqu’où le gouvernement sera prêt à concéder des pouvoirs, surtout s’il calcule qu’il y perdra au change.

Pas clair

Les maires disposent également d’un appui du gouvernement quant à un projet de loi sur les régimes de retraite des employés municipaux. Sur ce point, les calculs très techniques et les données sur les déficits passés finissent par perdre les gens. Il faudra mieux expliquer. C’est particulièrement vrai à Montréal où, jusqu’en novembre, la question avait à peu près été éludée. À Québec, le maire a pris le bâton de pèlerin dans le dossier il y a plus de deux ans.

Cet appui majeur dont jouissent les maires n’a donc pas de quoi déstabiliser le gouvernement pour le moment. C’est lorsqu’un désaccord surviendra entre les parties que la joute politique risque de devenir particulièrement savoureuse.

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