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MNBAQ

Des pionniers de l’art moderne réunis

Morrice et Lyman en compagnie de Matisse, nouvelle exposition du MNBAQ 

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Toile de l’illustre peintre français Henri Matisse, conçue vers 1922. L’eau est une figure dominante dans cette nouvelle exposition estivale. 

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L’été est une grosse période pour les musées, et le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) s’appuie sur l’exposition inédite Morrice et Lyman en compagnie de Matisse, deux Montréalais et un Français qui ont révolutionné l’art moderne, pour rentabiliser la saison estivale.

Deux artistes canadiens, James Wilson Morrice et John Lyman, sont réunis pour la première fois entre les murs d’une seule exposition, et c’est d’autant plus exceptionnel qu’ils se joignent à leur ami, l’illustre peintre Henri Matisse, dont la rencontre a «déterminé le cours de l’art moderne», raconte la commissaire Michèle Grandbois.

Peintes à l’huile sur toiles, bois et carton, 131 œuvres colorées sont rassemblées en sept sections, réparties dans deux salles, provenant de plusieurs musées à travers le monde, dont 42 sont issus de collections privées réparties au Canada et à l’étranger. Cette réunion impressionnante de tableaux cristallise pour la première fois leur relation.

Apport primordial

Selon elle, leur apport à la modernité est primordial. «Quand on parle d’art moderne québécois, on commence avec Pellan, on poursuit avec Borduas, et Riopelle… mais il s’est passé quelque chose au début des années 1910. Morrice et Lyman sont le chaînon manquant de ce parcours de la modernité. Et la rencontre avec Matisse a contribué à leur ouverture.» John Lyman est d’ailleurs le fondateur de la Société d’art contemporain de Montréal.

La sélection du corpus repose sur des paysages chatoyants, des nus et des portraits puissants sur des plages lumineuses, où l’eau est une figure dominante.

Invitant à voyager au Maghreb, dans les Antilles, en France et au Canada, les toiles relatent l’authenticité des peintres devant la nature. L’influence mutuelle est palpable dans leurs œuvres, où ils s’échangent spontanéité et translucidité.

On retrouve exceptionnellement autant de tableaux qui marquent le début comme la fin de leur carrière, du début du 20e siècle jusque dans les années 1960.

Attachement à la patrie

Les tableaux sont rassemblés par thème, et non pas sur une trame chronologique, pour favoriser le dialogue entre les peintres et exprimer la sensibilité esthétique. Les visiteurs apprécieront les trois destins sous les thèmes Les lumières de l’exil, Le décoratif, L’invitation au voyage, L’extraordinaire finesse de la lumière nord-africaine, L’été sans fin, Le prestige de l’eau et L’attachement au pays.

Morrice et Lyman ont beaucoup voyagé, surtout dans le Sud. Ils sont sortis du pays, mais n’ont pas sorti le pays d’eux, le rigoureux hiver québécois, les rives de Québec et les paysages de North Hatley et de son lac Massawippi étant bien présents dans les œuvres. Leur représentation et l’attachement du pays constituent d’ailleurs une section complète de l’exposition.


L’exposition a lieu du 8 mai au 7 septembre.

 

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