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Partisanerie sportive

Une école annule la journée «chandail Canadien» pour éviter les maillots des Bruins

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Une école primaire de Saint-Léonard a préféré annuler la journée spéciale «chandail du Canadien» prévue hier, plutôt que de prendre le risque de voir certains élèves porter les couleurs des Bruins.

La décision a été prise mardi par la directrice de l’établissement anglophone Honoré-Mercier. Ce jour-là, les élèves étaient également invités à porter les couleurs tricolores. Mais deux d’entre eux sont arrivés avec un chandail des Bruins de Boston sur les épaules, dont une jeune fille de 11 ans. On leur a demandé de l’enlever.

«Ma fille est une maniaque des Bruins. Elle est arrivée à la maison en pleurs»,

raconte la mère scandalisée, qui souhaite garder l’anonymat pour protéger son enfant.

«C’est pas correct. Alors mon mari a appelé un journaliste». D’autres parents se sont plaints. Devant l’ampleur que prenait l’affaire, l’école a préféré annuler purement le Habs jersey day prévu hier.

Apprendre le respect

«Je n’ai jamais vu ça en 15 ans. On n’a jamais eu de problème de ce genre», raconte Mike Cohen, le porte-parole de la Commission scolaire English-Montréal, agacé par la médiatisation de cette histoire.

Pour lui, la décision était justifiée, car il y avait bel et bien un risque de tensions entre élèves. «Ce n’est pas prudent, pendant les séries. La rivalité entre ces deux équipes est très forte. On n’avait pas besoin de complications», dit-il.

La mère de la jeune partisane des Bruins s’oppose totalement à ce point de vue.

«Les enfants ont déjà porté des maillots de différentes équipes, et il n’y a jamais eu de bataille. C’est ce genre de décision qui peut amener de la chicane».

Pour elle, l’école a surtout manqué une belle occasion de faire de la pédagogie.

«Nous, on éduque nos enfants avec l’idée de respecter tout le monde. Et là, c’est la décision d’une directrice d’école qui amène de la discrimination», se désole-t-elle.

Elle se dit peinée pour sa fille. «Maintenant, elle vit cette histoire comme si tout était de sa faute».

Parents blâmés

M. Cohen blâme aussi les parents pour avoir transformé une anecdote en une affaire rocambolesque. «Le problème, c’est que les parents ont appelé les médias. Sans cela, il n’y aurait pas eu d’articles, la journée n’aurait pas été annulée, et les enfants pourraient toujours porter leur chandail», estime-t-il, rappelant qu’il s’agit là d’un cas isolé parmi les autres écoles de la Commission scolaire.

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