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1984 | Tuerie à l’Assemblée nationale

« Lortie a brisé ma vie il y a 30 ans... »

Victime de séquelles psychologiques, une dame a été indemnisée par l’IVAC 28 ans après le drame

tuerie Assemblee Nationale, Gaetane Champagne, victime
PHOTO SIMON CLARK «Moi et mon mari, on faisait une très grosse vie, on avait chacun notre voiture, une maison, on voyageait et on avait deux bons salaires, mais ça s’est arrêté brusquement.»

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Traumatisée par les événements du 8 mai 1984, une ex-cuisinière au Parlement, indemnisée près de 28 ans plus tard, reproche à Denis Lortie d’avoir brisé sa vie.

Traumatisée par les événements du 8 mai 1984, une ex-cuisinière au Parlement, indemnisée près de 28 ans plus tard, reproche à Denis Lortie d’avoir brisé sa vie.

Le 30e anniversaire de la tragédie l’a chamboulée de nouveau dans les derniers jours. La dame de 60 ans, qui réside dans l’arrondissement Charlesbourg à Québec, a décidé de sortir de l’ombre. Elle veut donner de l’espoir à d’autres potentielles victimes de séquelles psychologiques qui n’ont jamais reçu un seul sou.

Inapte au travail, Gaétane Champagne a remporté son long combat en janvier 2012 contre l’IVAC (Indemnisation des victimes d’actes criminels). Épaulée par l’avocat Marc Bellemare, elle a réglé son litige à l’amiable et a obtenu une compensation financière qui lui permet de souffler un peu.

«Dans ce temps-là, on n’avait pas d’aide psychologique. J’ai été laissée à moi-même. Le gouvernement ne m’a pas aidée et je suis repartie chez nous. Le lendemain, je suis rentrée travailler, mais j’étais très nerveuse. Mes peurs grossissaient. J’ai pris un mois de vacances puis j’ai remis ma démission», a-t-elle confié en entrevue.

«J’étais séquestrée»

Quand le tireur fou avait fait irruption à l’Assemblée nationale, elle s’était réfugiée dans une cuisine du restaurant Le Parlementaire avec des confrères de travail. «Moi, j’étais à ma pause café quand c’est arrivé, j’ai entendu un bruit de mitraillette. On a vu des policiers descendre en courant puis ils nous ont dit de nous barricader. J’étais séquestrée. Et j’ai été deux heures à paniquer en me demandant si j’allais en sortir vivante».

Deux policiers, dit-elle, se sont obstinés pour décider s’il fallait ou non les laisser sortir. Le premier croyait qu’ils risquaient d’être blessés alors que le deuxième jugeait les risques encore plus importants s’ils ne bougeaient pas. Elle était certaine de se faire tuer. Finalement, Mme Champagne a quitté les lieux, seule, à bord de sa propre voiture.

«En sortant du complexe G, j’ai embarqué sur le boulevard René-Lévesque à contresens. J’étais tellement énervée.»

Panique

Aujourd’hui, elle panique dans une foule et fuit les endroits clos comme les ascenseurs. La dame a fréquemment besoin d’un accompagnateur. Elle n’a jamais remis les pieds au Parlement et évite encore la haute-ville.

 

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