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Santé mentale au travail

Santé mentale au travail : des problèmes coûteux

Santé mentale au travail
illustration benoit tardif, colagene

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Les problèmes de santé mentale au travail représentent des coûts très importants pour les individus, les industries et la société à cause des effets néfastes sur la productivité et l’absentéisme, de même que sur la santé et le bien-être des travailleurs.

Les problèmes de santé mentale au travail représentent des coûts très importants pour les individus, les industries et la société à cause des effets néfastes sur la productivité et l’absentéisme, de même que sur la santé et le bien-être des travailleurs.

Selon des consultants en santé mentale, dans les dernières années, les états de stress directement attribués au travail sont passés de 5 à 15 %, les états de crise au travail (agressivité, tensions anormales) font maintenant l’objet d’une consultation sur cinq et les cas d’épuisement professionnel (burn-out) ont augmenté de plus de 20 %.

Une directrice de projets d’une grande industrie m’a déjà déclaré: «Dans cinq ans, ceux qui n’ont pas d’emploi seront dépressifs et ceux qui en ont un seront en burn-out».

Absentéisme chronique

Même s’il y a encore peu d’études approfondies sur le sujet, certaines données nous permettent de commencer à comprendre l’ampleur du problème.

En ce qui a trait à l’absentéisme, 25 à 30 % des absences au travail sont dues à des problèmes de santé mentale. Une étude révèle que la moitié des absences de courte durée est liée à des problèmes de santé mentale ou à des problèmes personnels, sinon aux deux.

Les maladies mentales sont responsables de 78 % des invalidités à court terme et de 67 % des invalidités à long terme.

Dans une étude chez 1200 sujets, la durée d’absence au travail était de une à 12 semaines chez 43 % des cas et de plus de 3 mois chez 57 % des sujets d’enquête. Dans l’ensemble, la durée moyenne d’interruption de travail était de 65 jours.

En termes financiers, aux États-Unis, on évalue à 43,7 milliards de dollars le coût annuel total pour la dépression seulement. Au Canada, pour l’ensemble des maladies mentales, le coût est passé de 14 milliards de dollars en 2001 à 50 milliards en 2011.

Huit stresseurs

Si l’on se fie à une étude faite par l’UQAM il y a quelques années, huit stresseurs sont reconnus dans le milieu du travail.

Ce sont les relations conflictuelles, l’absence de support social au travail, l’absence de contrôle, l’évaluation négative, la non-responsabilité et la modification des tâches.

Selon une enquête pancanadienne faite par l’Association pour la santé mentale, les mauvais rapports interpersonnels sont à l’origine de près de 40 % de toutes les sources de stress au travail et nuisent à la santé du personnel et au rendement professionnel. Comme on peut le constater, les cinq premiers stresseurs sont purement d’ordre psychologique et pourraient être diminués assez facilement. À cela, j’en ajoute trois autres:

1) Une structure organisationnelle non fonctionnelle: par exemple, une trop grande bureaucratie peut stresser une personne dynamique alors qu’un trop grand dynamisme peut stresser un individu plus dépendant.

2) Les facteurs individuels: il s’agit principalement de la personnalité de l’individu, comme la volonté exagérée de réussir (les workaholics).

3) Un manque d’imagination et de leadership: l’imagination est plus importante que la connaissance, a dit Einstein. À beaucoup d’endroits et de façon tacite la plupart du temps, on empêche les employés d’avoir de l’imagination et du leadership, ce qui peut créer du stress chez les individus les plus dynamiques. Il semble que le fait de donner plus de pouvoir aux travailleurs, tant sur le plan professionnel que personnel, constitue une bonne façon d’améliorer leur bien-être. En d’autres mots, la confiance et le renforçateur positif valent mieux que la méfiance et le renforçateur négatif.

Devant ces constats, il est évident que des changements devront être apportés afin d’augmenter le bien-être des travailleurs et de diminuer les coûts et l’absentéisme reliés aux maladies mentales.

 

 

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