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Découvertes | ACFAS

Dur quotidien des policières dans un monde d’hommes

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La culture machiste serait encore bien présente au Service de police de Montréal (SPVM), près de 40 ans après l’embauche de la première femme policière au Québec, d’après l’étude d’un jeune sociologue de l’UQAM.

«Il faut faire le travail comme un gars. L’emphase est beaucoup mise sur les attributs physiques et les techniques d’interventions physiques», indique Rocco Chouinard-Gomes, qui présentait ses travaux hier au congrès de l’ACFAS.

Dans le cadre d’une recherche exploratoire qui servira de base à son projet de maîtrise, l’étudiant en sociologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a interviewé cinq policières et policiers du SPVM pendant près de deux heures.

Humour macho

Tous lui ont rapporté que le sexisme et l’humour machiste poursuivent les policières des corridors du poste aux rues de la ville, en passant par la sacro-sainte initiation.

Une des policières a ainsi rapporté avoir dû danser sur la table d’un bar à la manière d’une danseuse nue, lors de son initiation.

Compétence

La compétence des femmes est également encore remise en question par certains de leurs collègues masculins, a remarqué M. Chouinard-Gomes:

«Il y a encore des hommes qui refusent de travailler avec des femmes parce qu’ils trouvent que ça peut nuire à leur sécurité ou qu’elles sont moins opérationnelles.»

Complémentarité

D’autres, toutefois, voient leurs collègues féminines comme des coéquipières complémentaires qui comblent leurs propres lacunes sur le terrain. «Moi, je suis plus physique, impulsif. Elle, elle est plus à l’écoute, plus calme», a ainsi expliqué un des policiers interrogés.

Ce portrait cadre avec les motivations des policières rencontrées par le jeune chercheur. «Elles sont là pour faire de l’intervention, ce qui les attire c’est la relation d’aide, pacifier la société plutôt que la contrôler, rapporte M. Chouinard-Gomes. Chez les hommes, le thrill de la chasse est plus présent dans le discours.»

De par cette complémentarité, l’étudiant estime que le SPVM aurait tout avantage à favoriser les binômes homme-femme en autopatrouille.

La Fraternité des policiers et policières de Montréal n’avait pas rappelé Le Journal au moment de mettre sous presse.

 

Première policière
Nicole Juteau est la première femme au Québec à avoir revêtu l’uniforme policier. C’était il y a près de 40 ans.
1972
Elle est admise en technique policière.
1975
Elle est engagée par la Sûreté du Québec à Parthenais.
Les quatre premiers mois,
elle est cantonnée dans des bureaux à faire des photocopies sous prétexte qu’il n’y a pas d’uniforme prévu pour les femmes
Septembre 1975
Elle est engagée à Shawinigan. Un seul des 30 policiers du poste accepte de travailler avec elle.
Le premier mois
Celle qu’on surnomme «la gazelle» n’a pas le droit de conduire.
Ensuite, pendant 11 mois,
elle est la seule à faire de la patrouille de nuit sans coéquipier.
1981
Elle intègre l’escouade du crime organisé. Elle y sera enquêtrice et agent double.
2001
Elle prend sa retraite.

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