/news/currentevents
Navigation
Informatique

Informatisation de la justice: à force d'accumuler du retard, le Québec s'en va vers la catastrophe, dit la bâtonnière

Me Johanne Brodeur bâtonnière du Québec
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin Me Johanne Brodeur

Coup d'oeil sur cet article

Il y a du WiFi dans les parcs, mais pas dans les palais de justice. En 2014, des jugements sont encore écrits à la main. À force d’accumuler du retard technologique, la province s’en va droit vers la catastrophe, prévient la bâtonnière du Québec.

«La justice ne représente que 1,12 % du budget total du Québec, c’est insuffisant!» s’exclame Me Johanne Brodeur à quelques semaines de la fin de son mandat à la tête du Barreau.

Les délais aux petites créances peuvent atteindre deux ans à Montréal. Dans le Grand Nord, les avocats doivent rencontrer leurs clients dans les toilettes, faute d’infrastructures adéquates. Le manque de juges et de salles d’audience entraîne des délais.

«On est en période d’austérité, mais j’espère que la justice ne passera pas encore en dernier», a-t-elle dit en conférence de presse, mercredi, dans les locaux du Barreau.

Car les besoins sont criants, surtout en ce qui a trait à l’informatisation de la justice.

«Si on accumule encore du retard, ça va être catastrophique», dit-elle.

Pourtant, certains tribunaux ont déjà pris le chemin de la modernisation, explique Me Brodeur. La Régie de l’énergie, par exemple, permet de consulter les dossiers complets en ligne.

«Ça existe, mais ça prend des sous, dit-elle. Il faut les trouver.»

Autres enjeux

Outre les délais et l’accès à la justice, la bâtonnière a également fait part de ses inquiétudes sur la tendance qu’a le gouvernement Harper à déposer des projets de loi omnibus, qui englobent une foule de sujets variés.

«C’est une façon déplorable de faire de la législation», croit-elle.

Le Barreau compte aussi porter un regard attentif sur un éventuel projet de loi provinciale sur la laïcité.

«Lorsqu’il y aura un texte connu, comme pour Mourir dans la dignité, nous allons procéder à des études et nous déposerons un mémoire juridique et apolitique auprès des parlementaires», explique-t-elle.

Me Brodeur compte aussi demander à ce que le syndic du Barreau puisse enquêter sur ses membres accusés au criminel et qui risquent plus de cinq ans d’incarcération, sans qu’il y ait de plainte formelle au Conseil de discipline.

L’ex-ministre de la Justice Bertrand St-Arnaud avait déposé un projet de loi en ce sens, mais il était mort au feuilleton en raison des élections provinciales le mois dernier.

La hausse du seuil d’admissibilité à l’aide juridique fera également partie des dossiers sur lesquels le Barreau compte se pencher. Il y a eu une première hausse en janvier et la prochaine devra avoir lieu en juin.

«Compte tenu des compressions budgétaires qu’on nous annonce, nous l’avons sur notre radar», prévient la bâtonnière.

Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.