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Voyager de façon abordable

L’islande sans (trop) se ruiner

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REYKJAVIK, Islande | Comme de nombreux autres pays, l’Islande a été touchée par la crise financière de 2008 et les habitants disent en ressentir encore les effets. Toutefois, n’allez pas croire qu’y voyager coûte moins cher, car c’est loin d’être le cas.

La vie en Islande est chère. À moins d’être fortuné, il vous faudra trouver des façons d’économiser. Ou bien vendre vos deux reins… Mais vous en aurez besoin en Islande­­, où la bière et l’alcool fort locaux méritent d’être goûtés.

Voici quelques suggestions.

Dormir

«J’amène ma tente et mon sac de couchage, je vais économiser!» Excellente idée. Sachez toutefois qu’il y a là-bas deux saisons: hiver et été. En hiver, qui se termine en mai, les terrains de camping ne sont pas ouverts pour la plupart. Donc, pas d’accès à une salle de bain, à de l’eau courante, etc. Et en été, il fait jour longtemps, très longtemps… À la fin mai, on compte 20 heures d’ensoleillement, et c’est ainsi jusqu’à la mi-juillet. Il faut donc se préparer mentalement à dormir en pleine lumière.

Sinon, vous pouvez vous inviter chez l’habitant en consultant les sites web spécialisés (une soirée dans un bar pourrait aussi fonctionner, méthode éprouvée pour certains, mais les résultats varient).

Vous pouvez également avoir recours au réseau d’auberges indépendantes et d’auberges de jeunesse. Pour environ 30 $, vous aurez droit à un lit dans un dortoir pour huit personnes au Backpackers de Reykjavik par exemple, un endroit prisé par les voyageurs, car on peut également y acheter des forfaits excursions, s’informer pour la location de voitures, etc.

Situé en plein centre-ville de la capitale, on y trouve aussi un bar qui propose un 5@7 deux pour un. Une excellente occasion de ne pas payer 10 $ pour une seule pinte… et de rencontrer d’autres voyageurs qui vous donneront leurs propres trucs.

Se déplacer

L’autoroute principale de l’île est également la seule, judicieusement nommée la «1». Elle fait le tour de l’île et à partir de celle-ci, des routes secondaires vous mèneront partout, si vous êtes équipés pour le faire. Il faut en effet se rappeler que l’Islande est une île volcanique qui grandit d’année en année. Son terrain est escarpé et tous les véhicules ne sont pas les bienvenus partout. En fait, vous ne pouvez légalement pas emprunter certaines routes si vous louez une voiture «de base». Pour aller­­ plus au centre de l’île, il vous faudra un gros 4x4. Et surtout, beaucoup, beaucoup de prudence.

En hiver, les lignes d’autobus ne font pas le tour de l’île en raison de la neige et de la glace. Rien ne vous empêche toutefois de le faire en voiture et même de faire du pouce. En dehors de la capitale, les voitures arrêtent même si l’on ne tend pas le pouce, et ce sont souvent des touristes qui vous prennent au passage. Le hic: il y a 4970 kilomètres de côtes sur lesquelles sont dispersés 320 000 habitants. Cela fait peu de personnes au pied carré, et peu de véhicules qui passent, selon l’endroit. Armez-vous de patience si vous faites du pouce, mais osez le faire, le paysage en vaut la peine­­.

Se déplacer dans le pays est, en soi, la plus belle activité que vous puissiez faire. Un bus pris à Reykjavik peut vous amener jusqu’à Höfn, à la pointe sud-est, soit le plus loin que le chauffeur puisse aller en mai. En route, pendant quelques heures, on peut prendre en note tous les lieux que l’on souhaite revoir sur le chemin du retour, en faisant du pouce.

Que faire pour pas cher?

À Reykjavik, la ville est un musée à ciel ouvert. Certaines maisons sont de véritables toiles pour peintres de tout acabit, le «skate park» situé derrière l’artère commerciale Laugavegur vaut le détour à lui tout seul. Des statues ornent ça et là les rues. On peut marcher le long des fjords au sud de la capitale, ou suivre la route du port qui nous mène au magnifique opéra et, ultimement, à la cour de sculptures de métal du réalisateur Hrafn Gunnlaugsson.

À ne pas manquer: l’église luthérienne Hallgrímskirkja, toute en béton, point de repère idéal pour vous retrouver partout en ville. Quelques couronnes vous mèneront en haut de sa flèche.

Les «hot pots»

L’Islande est chauffée grâce à la géothermie. Tous les villages, tous les hameaux possèdent une piscine chauffée et des «hot pots», de petits bassins où l’on peut s’asseoir à plusieurs pour converser. Ils sont à 38, 40, même à 42 degrés Celcius. La baignade fait partie des habitudes de vie en Islande, et tous les endroits visités possédaient des installations. Cela ne coûte que quelques sous pour y passer des heures. Et surtout, ne vous montrez pas prude, car on prend sa douche nu obligatoirement.

Vous aurez beaucoup plus de plaisir dans les bassins «locaux» qu’au fameux Blue Lagoon, qui coûte les yeux de la tête et qui n’offre aucun moment de quiétude, vu le nombre de personnes qui s’y trouvent. Dans tous les cas, les piscines sont majoritairement extérieures. À Reykjavik, évitez les foules et visitez les plus vieilles installations aquatiques de la ville, Sundhöllin.

L’archipel Vestmannaeyjar

Une courte traversée en bateau vous mènera à l’archipel Vestmannaeyjar, au sud du pays. L’île principale, habitée, a connu une éruption volcanique en 1973 qui a ajouté 20 % de superficie supplémentaire à l’endroit.

On peut gravir le nouveau cône volcanique et marcher sur cette terre qui est toute jeune. La route permet de faire le tour de l’île à pied en une journée, une belle promenade qui en vaut la peine.

Une dépense à faire: le tour de l’île en bateau. Vous verrez tout l’archipel, vous entrerez à l’intérieur de cavernes gigantesques (attention aux excréments d’oiseaux…) et le capitaine vous jouera un air de saxophone, écho oblige.

Le cercle d’or

Avec son parc national (Pingvellir), ses geysers (vallée Haukadalur) et de la fameuse chute Gullfoss, le «cercle d’or», au sud-ouest de l’Islande, mérite que l’on s’y attarde. Ne prenez pas un forfait touristique, louez plutôt une voiture ou – mieux encore – tentez le covoiturage et visitez les chutes et les geysers calmement, à votre rythme.

Le lac de glace

On ne peut se rendre en Islande sans dépenser un peu pour profiter de ce qu’on ne voit pas tous les jours. À ne pas manquer: le lac de glace, le Jökulsárlón. Ne prenez pas le bus amphibie qui n’est d’aucun intérêt. Traversez plutôt le petit pont et rendez-vous à la roulotte juste en face. Pour un peu plus de 60 $, vous vous retrouvez en combinaison dans un Zodiac à vous faufiler entre les icebergs pour arriver au pied du glacier. L’expérience d’une vie.

Le glacier Vatnajökull

Si cela ne vous suffit pas, vous pouvez vous rendre dans le parc national Skaftafell pour y grimper sur le glacier Vatnajökull. Si vous êtes en forme, prenez le forfait quatre heures (environ 120 $). Le tout est très sécuritaire et heureusement, car vous frôlerez des crevasses de 50 à 100 mètres de profondeur…

Le nord en kayak

Au nord, il est possible de faire du kayak de mer en compagnie des phoques. Lors de notre passage, ils étaient facilement une quarantaine à nous accompagner. Consultez le site d’Arctic Adventures. Avec un peu de chance, si vous voyagez tôt en saison, vous serez seuls avec le guide.

Et pour manger

Eh bien, il faut se gâter et goûter, mais optez pour les chaînes d’alimentation Bonus et Kronan. Et non, on ne mange pas que du poisson dans la lointaine Islande, le fast-food et la cuisine du monde entier (thaï, créole, libanaise, etc.) s’y retrouvent.

 

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