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Justice | Pédophilie

Audrey veut que son calvaire serve d’exemple

Agressée sexuellement, elle part en croisade contre les pédophiles

Audrey Beaulieu, agresseur sexuel, Serge Doran Marcheterre
photo simon clark Audrey Beaulieu et son conjoint Serge Doran-Marcheterre

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Après avoir vécu des centaines, voire des milliers d’agressions sexuelles de la part d’Alain Potvin pendant près de sept ans, Audrey Beaulieu a décidé de briser le silence afin de partir en croisade contre les pédophiles et tenter d’aider d’autres victimes à s’en sortir.

Après avoir vécu des centaines, voire des milliers d’agressions sexuelles de la part d’Alain Potvin pendant près de sept ans, Audrey Beaulieu a décidé de briser le silence afin de partir en croisade contre les pédophiles et tenter d’aider d’autres victimes à s’en sortir.

Il y a un an, des dizaines d’affiches avertissant la population de Charlesbourg qu’un pédophile se trouvait dans leur quartier apparaissaient. La victime derrière ce cauchemar, c’était Audrey Beaulieu.

Des agressions tous les jours

Pour la première fois, la jeune femme de 27 ans raconte le cauchemar qu’elle a vécu à visage découvert, ayant même fait lever l’interdit de non-publication qui devait protéger son identité au cours du processus judiciaire.

«J’avais onze ans quand tout ça a commencé. Il (Alain Potvin) s’était installé chez nous depuis quelques mois. Au début, c’était des attouchements. Puis, au fil du temps, ça c’est transformé en agressions sexuelles complètes», laisse tomber Audrey.

Dès qu’il en avait l’occasion, Potvin allait la retrouver et abusait d’elle. «C’était tous les jours. Souvent deux fois par jour. Il disait à ma mère qu’il m’aidait à faire mes devoirs et en profitait. J’avais peur de le dire. Il disait que personne ne me croirait, que ma mère avait besoin de l’argent qu’il lui donnait.»

«J’avais peur. Je faisais exprès de manquer l’autobus scolaire parce que je savais ce qui m’attendait en arrivant à la maison si j’étais seule avec lui. Je suis devenue plus renfermée. Je ne faisais plus confiance à personne. J’ai perdu mes amis», poursuit Audrey.

Idées suicidaires

Rapidement, l’adolescente qu’elle était a eu des idées suicidaires. «J’avais tellement honte. J’avais toujours des gros maux de ventre. Je voulais mourir. Je me sentais comme une moins que rien, un objet. Je n’ai pas eu d’enfance.»

C’est en 2004 qu’Audrey a pu se libérer de son bourreau, quittant le nid familial pour aller étudier en techniques policières, en Ontario.

«Pendant un cours, le professeur parlait du viol et j’ai craqué et éclaté en sanglots. C’est là que j’ai commencé à consulter. Après, je l’ai dénoncé à la police», explique Audrey.

Aider d’autres victimes

Aujourd’hui, elle veut aider les victimes à dénoncer leur agresseur. «Même si c’est long, même s’ils ont souvent des peines bonbon, ça vaut la peine. Ça enlève un gros poids sur les épaules.»

Elle souhaite également militer pour des peines plus sévères. «Il m’a agressée pendant sept ans. Je veux qu’il fasse sept ans ferme. Pas qu’il sorte au tiers ou au deux tiers de sa peine.»

C’est le 25 juin qu’Alain Potvin connaîtra sa sentence. «J’ai hâte et je l’appréhende en même temps. J’espère qu’elle sera longue. Il m’a volé ma vie. Quand tu te fais tuer, c’est fini. Moi, je vais vivre avec ça jusqu’à ma mort.

 

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