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Alex Harvey | Ski de fond Canada

La main sur la porte

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Photo agence qmi, Didier Debusschère

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Son entraîneur, Louis Bouchard, n’ayant reçu aucun engagement salarial de la part de Ski de fond Canada (SFC), Alex Harvey y voit un autre motif pour songer à prendre ses distances de l’équipe nationale et mener sa carrière en parallèle.

«Oui, c’est dans les cartes», avoue au Journal le skieur québécois, lorsqu’on lui demande si cette option apparaît bel et bien dans l’air du temps.

En refusant de signer le contrat annuel qui lie chaque athlète à SFC, Harvey pose un premier geste, symbolique pour l’instant. Cette formalité reniée se veut une réaction au manque d’ouverture qu’il reproche à sa fédération nationale, notamment afin d’obtenir une latitude accrue dans ses ententes avec ses propres commanditaires (voir autre texte) et pour l’assurance d’un traitement salarial propre au statut d’entraîneur de Coupe du monde accordé à Louis Bouchard.

«Si c’est ça qu’il faut, on est prêt», affirme le fondeur de 25 ans, citant l’exemple du skieur de bosses Alex Bilodeau pour démontrer que «c’est possible pour des athlètes du Québec» de cheminer en marge de leur équipe nationale.

La ligne dure

Harvey a choisi d’adopter la ligne dure avec sa fédération. L’un de ses griefs porte sur l’incertitude entourant la rémunération de Louis Bouchard même si la fédération a annoncé, il y a deux semaines, le retour de l’entraîneur-chef Justin Wadsworth et l’embauche d’un entraîneur norvégien, Tor Arne Hetland.

Or, selon nos informations, SFC n’a pas donné suite à la requête du Centre national d’entraînement Pierre Harvey (CNEPH), qui réclame dorénavant sa participation dans le traitement salarial de Bouchard. La vingtaine de médailles sur la scène internationale remportées par les athlètes dirigés par Bouchard (Harvey, Len Valjas et Dasha Gaïazova), au cours des dernières saisons, et sa présence en Europe avec l’équipe nationale pour la majeure partie de l’hiver justifient un engagement de la part de la fédération, argue le CNEPH.

Pour d’autres dépenses

L’implication souhaitée de Ski de fond Canada dans le traitement de Bouchard, qui dirige depuis 14 ans cette antichambre de l’équipe nationale, permettrait ainsi au CNEPH et à la «cellule Harvey» de consacrer à d’autres fins des sommes recueillies par du financement extérieur (commandites privées, programmes d’aide sportifs, etc.).

Entre autres, le Québécois a à cœur l’embauche de deux «skieurs d’essai» pour l’accompagner durant la saison. Ces deux «ombres», spécialistes du fartage et de taille comparable à Harvey, auraient le mandat de tester ses skis dans la fenêtre critique des 30 minutes avant le départ d’une course, une lacune expliquant en partie les déboires des Canadiens aux Olympiques.

Sujet délicat

Le directeur du comité haute performance de la fédération, Thomas Holland, n’avait pas rappelé Le Journal au moment de la rédaction de ces lignes.

L’entraîneur Louis Bouchard refuse pour sa part de commenter sa situation, alors que le président du CNEPH, Georges Bertrand, ne veut pas donner de détails sur ses discussions avec Ski de fond Canada, préférant au préalable partager avec son conseil d’administration la stratégie qu’il entend déployer.

Des irritants

Les irritants entre Alex Harvey et l’équipe nationale se trouvent jusque dans le nombre et la grandeur des publicités qu’il porte sur lui.

Depuis plusieurs mois, son entourage tente d’obtenir de Ski de fond Canada plus «d’espaces publicitaires» sur ses différentes tenues lors de compétitions et de sorties promotionnelles. Plus de latitude signifierait ainsi plus de revenus et, conséquemment, plus de moyens à s’offrir pour tendre vers l’excellence.

«Les discussions sont difficiles», avoue simplement Denis Villeneuve, conseiller d’affaires de l’athlète québécois.

«C’est une attitude difficile à comprendre, d’autant plus qu’Alex est prêt à assumer une partie des dépenses, comme le salaire de son entraîneur et l’embauche de skieurs d’essai, des engagements qui serviraient aussi bien son propre développement que celui de l’équipe nationale. Il a donc besoin d’attirer de nouveaux commanditaires et s’assurer de leur accorder une meilleure visibilité.»

«Plus de compromis»

Troisième au classement final de la Coupe du monde, Harvey dit ne plus vouloir faire de compromis dans sa progression dans l'élite mondiale de son sport. «Je ne suis pas prêt à faire des compromis au niveau du support. Je ne pense pas que tu peux espérer devenir le meilleur au monde en faisant des compromis», estime le skieur québécois, qui réclame notamment un meilleur traitement pour son entraîneur.

«Il a une hypothèque comme tout le monde...»

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