/opinion/blogs
Navigation

Le piano de M. Coderre...

Coup d'oeil sur cet article

Le maire Denis Coderre a-t-il bien pesé ses mots avant de suggérer que l'Hôtel de ville se procure un piano de concert, digne des virtuoses qui lui rendent visite ou qu'elle veut honorer?

Un de ses prédécesseurs, Jean Doré, pourrait le mettre en garde: se doter d'un tel instrument de prestige est une idée noble, sans doute, mais risquée au plan politique.

M. Doré aurait pu rappeler la petite tempête qui a suivi l'achat, par la ville, d'un magnifique Bösendorfer, un piano payé $80,000, il y a plus de 30 ans.

Mardi, la Ville a rendu hommage au pianiste de jazz Oliver Jones, le faisant citoyen d'honneur de Montréal mardi. Un honneur amplement mérité comme le montre cet extraittiré du Festival de jazz de Montréal:

M. Coderre a alors lancé «Il est temps qu'on achète un piano pour l'Hôtel de Ville, M. le directeur...»

Mais le principal représentant de Bösendorfer à Montréal, John Rizopoulos, de Piano Prestige, estime que ce serait sans doute une dépense exagérée de la part de la ville.

«Soyons réalistes, l'hôtel de ville c'est quand même pas l'OSM,» dit-il. «Pour dix concerts par année ou mois, la ville aurait sans doute avantage à louer des pianos plutôt qu'en acheter un.»

De tels pianos - qui se détaillent maintenant $200,000. - sont des instruments fragiles qui ont une durée de vie limitée. «Après 10 ou 12 ans, il faut les re-conditionner au complet.»

Le Bôsendorfer de l'ère Doré, lui? Il sert toujours, à la chapellle historique du Bon Pasteur. Il y a quelques années  il a fallu le retourner à l'usine en Italie, pour y être entièrement refait.

Cest Rizopoulos lui-même qui avait protesté le plus fort lors de l'achat d'un Bösendorfer par l'administration Doré, à la fin des années '80. Il était furieux parce que la Ville avait commandé l'instrument directement de l'usine, sans passer par un détaillant local comme lui!

«Il y avait eu une concurrence très vive entre Yamaha, Steinway et nous pour obtenir ce contrat. Nous avons obtenu le contrat, mais rien gagné! dit-il. «Pourtant nous sommes iune entreprise de Montréal, qui paie ses taxes ici.»

 

 

1 commentaire(s)

Mario Bruneau dit :
21 mai 2014 à 15 h 47 min

Correction.

Ce n'est pas un Bösendorfer qu'il y a à la Chapelle du Bon Pasteur mais un Fazioli.

Bösendorfer est à Vienne en Autriche et Fazioli est bel et bien en Italie plus précisément dans la région de Venise.

Aussi, un piano de qualité n'est pas "à reconditionner au complet après 10 ou 12 ans" pas plus que les pianos de qualité sont plus "fragiles" que d'autres. Un piano de qualité a une espérance de vie de 150 ans!

Mario Bruneau