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Alexandre Poulin

Tricoter des histoires

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Une immense feuille blanche et un crayon à pointe fine. C’est tout ce dont Alexandre Poulin avait besoin pour tisser, en mots, les histoires entourant Le Mouvement des marées, son troisième album sorti à l’automne. Avec tout ce travail fait en amont, quand il monte sur scène, «c’est le conteur qui prend la place», assume-t-il.

Une immense feuille blanche et un crayon à pointe fine. C’est tout ce dont Alexandre Poulin avait besoin pour tisser, en mots, les histoires entourant Le Mouvement des marées, son troisième album sorti à l’automne. Avec tout ce travail fait en amont, quand il monte sur scène, «c’est le conteur qui prend la place», assume-t-il.

Intimiste, épuré. Avec son nouveau spectacle, qu’il présentera à Montréal ce mercredi, l’auteur-compositeur-interprète met les textes à l’avant-plan. «Je carbure à ça dans la vie, faire des chansons, laisse tomber Alexandre Poulin, attablé dans un café de l’avenue Laurier. Il reste que pour moi, raconter des histoires, c’est une valeur ajoutée, non pas dans ce que je propose, mais dans ce que j’aime faire.»

Alexandre voulait construire une mise en scène autour des pièces du Mouvement des marées, comme un jeu durant lequel le spectateur relie un à un les points du spectacle afin d’avoir accès à son univers. «Les histoires sont tricotées les unes dans les autres, explique-t-il. J’ai semé des indices, qui semblent anodins au départ, à travers mes présentations. Mais plus le show avance, plus tu comprends des choses. Et à la fin du spectacle, tu te rends compte que tu as toutes les clés entre les mains, et que la porte s’ouvre toute seule.»

Et pour fermer la boucle, le décor minimaliste composé de plusieurs petites lumières se hisse en toile de fond. «On ne sait pas si c’est un ciel étoilé, ou des lucioles au-dessus d’un marais un soir d’été. Mais on n’a pas besoin de comprendre, souligne le musicien. Ce qui compte, c’est que ça ferme la bulle et que le reste se passe à l’intérieur de cet univers-là.»

Ce rôle de conteur, Alexandre l’a appris des Richard Desjardins, Michel Rivard et Daniel Bélanger de ce monde. «À l’adolescence, le disque que j’ai le plus écouté c’est Au Club Soda de Richard Desjardins, se souvient-il. C’est des chansons, des histoires, des chansons. Dans ma tête, c’était ça un show de musique. Et c’est ancré comme ça.»

Revenir à l’essentiel

Sur son album, Alexandre Poulin est loin de s’être «attaché les mains», comme il dit. Il a voulu s’éclater pour faire l’album dont il rêvait. Le spectacle, lui, est encore plus folk. «C’est un album qui tourne beaucoup autour du drum, donc c’était un beau défi de retrouver l’essence des chansons», soutient-il.

N’en demeure pas moins que les deux multi-instrumentistes (Alexandre est accompagné sur scène par Mathieu Perreault) se sont entourés de banjo, mandoline, guitares acoustiques, lap steel et autres. «On voulait être nourris musicalement sans avoir l’air d’homme-orchestre, explique l’artiste. Les gens n’ont pas envie de voir du monde occupé. Le défi c’était que ça reste hyper fluide, très doux.»

De l’autre côté de l’Atlantique

En France, Alexandre Poulin fait plusieurs petites salles, qui sont la plupart du temps pleines, son public est fidèle et les choses vont bon train. Son passage à la populaire émission On n’est pas couché, où le chroniqueur et critique musical Aymeric Caron est souvent incisif et sans merci, a été des plus agréable.

«Deux jours avant, j’étais dans un petit café avec mon portable et j’écris des pistes de réflexion, des attaques possibles qu’ils auraient pu me faire, pour me donner des idées de défense, se rappelle Alexandre. Finalement, je me suis braqué pour rien, et tant mieux !»

Charmés, les animateurs de l’émission ont dit adorer l’album de l’artiste. «Aymeric a même passé une heure dans ma loge après l’émission, et on a eu une longue discussion sur Bruce Springsteen!», s’étonne-t-il encore.

Automne chargé

Les prochains mois seront bien remplis pour Alexandre Poulin. Après sa rentrée montréalaise, le 28 mai, il s’envolera pour la France pour le mois de juin. La tournée québécoise commencera officiellement en septembre.

«C’est un peu fou, il y a énormément de dates et je suis très content, affirme-t-il. C’est un milieu dur, surtout en ce moment. Je suis content d’avoir eu la tête dure, et d’avoir cru en ce que je faisais. En ce moment le temps me donne raison, même si je sais que tout ça est très friable, et que demain matin tout peut s’arrêter.»

 

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