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L’avantage numérique

la table est mise pour que le Québec vive une profonde transformation

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Le Canadien de Montréal a connu une bonne saison. Chapeau à Michel Therrien et à toute son équipe ! Mais, en séries, il a raté de précieuses opportunités en ne tirant pas profit de ses nombreux avantages numériques. À 5 contre 4, on ne reconnaissait plus notre équipe et on craignait même les revirements.

Le Canadien de Montréal a connu une bonne saison. Chapeau à Michel Therrien et à toute son équipe ! Mais, en séries, il a raté de précieuses opportunités en ne tirant pas profit de ses nombreux avantages numériques. À 5 contre 4, on ne reconnaissait plus notre équipe et on craignait même les revirements.

Le gouvernement Couillard saura-t-il, lui, tirer son épingle du jeu et profiter de son avantage numérique? Le gouvernement connaît un bon début de saison. Philippe Couillard a toutes les allures d’un coach chevronné avec un bon plan de match. Et il compte sur des recrues prometteuses et de sages vétérans. Et le gouvernement est majoritaire. Avec ses soixante-dix députés, il profite d’un avantage numérique permanent au cours des quatre prochaines années. Il s’agit maintenant d’organiser le jeu, de maintenir la cohésion dans l’équipe et, surtout, de ne pas laisser passer trop d’opportunités pour apporter les changements auxquels s’attend une large partie de la population.

La table est mise

Car la table est mise pour que le Québec vive une profonde transformation. L’atteinte de l’équilibre budgétaire dès 2015-2016 fait l’objet d’un large consensus entre les principales formations politiques à l’Assemblée nationale. Cela signifie une chose: on ne peut pas continuer comme ça. Mais une fois cela dit, on fait quoi? La logique nous amène dans un discours comptable peu inspirant où le seul but semble être d’établir une colonne de soustractions à la liste des avantages que nous procure le fameux modèle québécois. Moins d’investissement de l’État, moins de programmes, moins de filet social. Et, dans la colonne des additions, on retrouve plus de mobilisation syndicale, plus de manifestations, plus de perturbations sociales. C’est comme si le Québec jouait la trappe depuis des décennies et, trop souvent, cela a signifié au bout du compte qu’il ne se passe tout simplement rien. Les Québécois n’apprécient plus ce spectacle.

Il faut donc en arriver à développer un nouveau système de jeu. Il faut sortir de la logique des plus et des moins. Il faut s’intéresser autant aux processus qu’aux résultats. La façon dont on apportera les changements au modèle québécois sera autant porteuse de développement que le seul résultat budgétaire attendu.

Place aux jeunes

Une façon d’illustrer cette approche serait de confier les comités de révision de programmes à des Québécois de moins de quarante ans. Les nouvelles générations sont capables de penser «en-dehors de la boîte» et de s’inspirer de ce qui se fait de mieux ailleurs dans le monde. À l’exemple des baby-boomers qui ont fait la Révolution tranquille, les jeunes Québécois sont capables de créativité et d’audace et de jeter les bases d’un nouveau pacte social, de parler de partage de risque et de responsabilité. Le conflit étudiant est l’antithèse de tout cela? Je vous rappellerai qu’une majorité d’étudiants étaient d’accord pour faire leur juste part et qu’une majorité de jeunes ont appuyé le PLQ lors des dernières élections.

Le gouvernement Couillard a l’avantage numérique. Il ne doit pas gaspiller cette opportunité. Il doit sortir le Québec de sa zone... de confort! Et il ne doit pas reculer.

 

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