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CHU de Québec

Technique d'imagerie unique au Canada pour détecter la démence atypique

Les démences sont une épidémie silencieuse, selon le Dr Robert Laforce Jr, neurologue à la clinique de la mémoire du CHU de Québec.
Photo Johanne Roy Les démences sont une épidémie silencieuse, selon le Dr Robert Laforce Jr, neurologue à la clinique de la mémoire du CHU de Québec.

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Des chercheurs du CHU de Québec expérimentent une technique révolutionnaire d'imagerie cérébrale qui permet de distinguer plus facilement les démences atypiques de la maladie d'Alzheimer et d'offrir aux patients un traitement mieux ciblé.

Plus difficiles à déceler, les démences atypiques touchent souvent le comportement, le langage ou l'orientation spatiale, alors que l'Alzheimer affecte principalement la mémoire. Une personne sur cinq atteinte de démence souffre de démence atypique. Celle-ci se manifeste en général plus précocement, soit autour de 60 ou 65 ans.

Les patients et les familles peuvent attendre jusqu'à cinq ans, après avoir vu une demi-douzaine de médecins, avant de se voir confirmer un diagnostic de démence atypique.

«Cette nouvelle technique d'imagerie nous permet du vivant du patient de voir l'accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau, qui caractérise la maladie d'Alzheimer. S'il n'y a pas de plaques amyloïdes, cela nous oriente vers la démence atypique. On peut ainsi faire un diagnostic plus précoce et plus précis», a expliqué, hier, le Dr Robert Laforce Jr, neurologue et neuropsychologue à la Clinique de la mémoire du CHU de Québec.

C'est grâce à cette technique d'imagerie cérébrale unique au Canada que le Dr Laforce a pu déterminer avec précision que Dominic Bergeron souffrait de la maladie d'Alzheimer, alors que ses symptômes pouvaient être associés à de la démence atypique.

Épidémie silencieuse

Ce professeur érudit était âgé de 65 ans lorsqu'il a commencé à chercher ses mots. «Il parlait et cela ne conduisait nulle part. Puis, c'est devenu toutes sortes de petites choses au quotidien, comme de mettre le café instantané directement dans la bouilloire. C'est l'enfer!», a témoigné un proche aidant, Yvon Martin.

Quelque 120 000 Québécois, dont 10 000 à 12 000 personnes dans la région de Québec, souffrent d'une forme ou l'autre de démence. «C'est une épidémie silencieuse. Beaucoup ne sont pas diagnostiqués», a soulevé le Dr Laforce.

Son équipe a diagnostiqué une dizaine de patients, jusqu'ici, dans le cadre de ce protocole de recherche qui vise, au total, 30 patients d'ici les trois prochains mois.

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