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Réseau de la santé: les heures supplémentaires ont coûté près d'un milliard $

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Les heures supplémentaires et les primes des employés du réseau de la santé ont augmenté de 33 % depuis cinq ans, et ont coûté près d’un milliard $ l’année dernière.

Les heures supplémentaires et les primes des employés du réseau de la santé ont augmenté de 33 % depuis cinq ans, et ont coûté près d’un milliard $ l’année dernière.

«Je suis très inquiet de la situation, avoue Paul Brunet, président du Conseil de la protection des malades. Pendant qu’on éteint des feux avec les heures supplémentaires, on devrait revoir la façon de dispenser les soins dans le réseau.»

Mauvaise gestion

Selon les dernières données du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), obtenues par Le Journal, la facture totale de la rémunération des employés du réseau a coûté plus de 12 milliards $ en 2012-2013 (voir tableau).

De ce montant, 930 millions $ ont été payés seulement en heures supplémentaires (360 M$) et en primes (570 M$).

Les infirmières sont les employées qui ont reçu la plus grande part de ces enveloppes budgétaires.

Selon la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente les infirmières, ces heures supplémentaires sont synonymes de mauvaise gestion.

«Ce n’est pas normal que ce soit aussi élevé, et ça augmente sans cesse, déplore la présidente Régine Laurent. Le “surtemps” augmente les risques, épuise les équipes, et les rend instables.»

En effet, les montants attribués en primes et en heures supplémentaires ne cessent d’augmenter. Du côté des primes seulement, l’augmentation depuis 2008-2009 atteint 48 %.

Primes en hausse

D’ailleurs, le MSSS souligne que de nouvelles primes ont été instaurées en 2012, notamment pour les psychologues et certains techniciens, et du personnel de bureau, qui travaillent en région éloignée.

Le salaire des pharmaciens qui travaillent dans les hôpitaux a aussi été haussé depuis septembre 2012.

Spécialiste de la santé à l’Institut économique de Montréal, Yanick Labrie croit que la mauvaise organisation du réseau est au cœur du problème.

«C’est paradoxal. D’un côté, les infirmières ont des surcharges de travail, et de l’autre, les blocs opératoires sont sous-utilisés», compare-t-il.

Pour lui, le manque de ressources n’est pas une excuse.

Toujours aussi long

«Il faut faire une utilisation plus efficace. Les primes et les heures supplémentaires ne font pas en sorte que les patients attendent moins longtemps. »

À noter que la masse salariale de 12 milliards n’inclut pas la rémunération des médecins, qui sont payés par la Régie de l’assurance-maladie du Québec. En 2012, ils ont gagné 5,2 milliards $.

Le budget total du réseau de la santé et des services sociaux en 2012-2013 était de 21,3 milliards $.

 

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