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Charbonneau

500 000 $ amassés dans un déjeuner pour Jean Charest

La commission plonge au coeur du financement politique des partis provinciaux

Jean Charest
Photo d'archives La machine à financement de l’ancien premier ministre s’est retrouvée au cœur du témoignage Robert Benoit, un ex-député libéral.

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Jean Charest a mis les bouchées doubles en matière de financement lorsqu’il est arrivé à la tête du Parti libéral, allant jusqu’à ramasser un demi-million de dollars lors d’un déjeuner organisé en son honneur.

Jean Charest a mis les bouchées doubles en matière de financement lorsqu’il est arrivé à la tête du Parti libéral, allant jusqu’à ramasser un demi-million de dollars lors d’un déjeuner organisé en son honneur.

L’ancien député libéral d’Orford, Robert Benoit, a livré un témoignage éclairant hier, devant la commission Charbonneau. Sans détour, il est revenu hier sur l’arrivée fracassante de Jean Charest à la tête du Parti libéral, en 1998.

«Quand M. Charest arrive, c’est une autre dynamique. Les premiers gestes qu’il va poser campent assez clairement ce qui va se passer [...]. Les premiers qu’on voit dans le portrait, ce sont les gens d’Everest», a-t-il ajouté, soulignant que cette firme de communication avait été éclaboussée dans le scandale des commandites.

« il est organisé »

Robert Benoit a ensuite raconté la première activité de financement de Jean Charest, visiblement très efficace. «C’est un déjeuner de financement pour son leadership au club St-Denis, où il ramasse un demi-million en un avant-midi. On se dit: “ce gars, il est organisé pas à peu près, il connaît du monde”», a-t-il indiqué.

«Ils ont tellement ramassé de l’argent [pour la course au leadership] qu’ils n’ont pas su quoi en faire, ils en ont retourné à certains donateurs pour qu’ils fassent leurs dons au PLQ», a même indiqué M. Benoit.

Il a également mentionné que le soir des élections, le grand argentier du parti, Marc Bibeau, se tenait aux côtés de Jean Charest à la résidence même de l’ancien premier ministre. Un autre «signal» qui lui a profondément déplu, a-t-il sous-entendu.

Confessés par Bibeau

Peu avant les élections de 2003, Marc Bibeau aurait par ailleurs rencontré les députés libéraux en tête-à-tête pour leur demander de «ramasser de l’argent» s’ils souhaitaient se présenter sous les couleurs du PLQ.

«Lors du caucus préélectoral en 2003, dans un hôtel en banlieue de Québec, on nous avise que nous devons rencontrer ce monsieur Marc Bibeau. On est confessé individuellement», a avoué le témoin.

«Dans mon cas, le discours est clair: tu connais bien du monde, tu demeures sur les rives du lac Memphrémagog […]. Si tu veux te présenter à la prochaine élection, il faut que tu ramasses de l’argent», lui aurait dit M. Bibeau.

Robert Benoit a rétorqué qu’il ne comptait pas se présenter au prochain scrutin. Marc Bibeau aurait enchaîné: «Mais si tu veux qu’on te nomme quelque part...»

Le témoin n’a jamais su «d’où venait cette commande», mais dans les rangs de son parti, les langues des députés ont commencé à se délier. «Ce que j’entendais de mes collègues, c’était: manque d’élégance, pression trop grande», a-t-il rapporté.

Marc Bibeau est actuellement dans la ligne de mire de l’UPAC en lien avec du financement politique illégal au PLQ. Il a été décrit par plusieurs témoins comme «un bénévole» très impliqué dans les finances du parti.

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