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Un peu de Québec en Pointu

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Photo Martin Alarie, Agence QMI Après Serge Savard en 2006 et Larry Robinson en 2007, Guy Lapointe verra son numéro 5 retiré dès la prochaine saison du Canadien.

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Le retrait du chandail de Guy Lapointe par le Canadien honorera la carrière du troisième membre du célèbre Big Three, un trio défensif exceptionnel. Cet honneur rendra fiers les partisans des Nordiques qui ont admiré ses exploits à la ligne bleue du Tricolore.

Le retrait du chandail de Guy Lapointe par le Canadien honorera la carrière du troisième membre du célèbre Big Three, un trio défensif exceptionnel. Cet honneur rendra fiers les partisans des Nordiques qui ont admiré ses exploits à la ligne bleue du Tricolore.

Compte tenu de son âge, il n’a pas été très impliqué dans la rivalité entre les deux organisations. Il n’a affronté les Bleus que lors des deux premières saisons, en plus de 47 parties, avant de passer aux Blues de Saint-Louis.

Ironiquement, il a contribué plus longtemps à cette rivalité en occupant le poste d’entraîneur adjoint chez les Fleurdelisés pendant quatre saisons. Ce fut son apport à leur existence.

Certains pourraient chuchoter que son passage chez les Nordiques a retardé la décision du Canadien à lui rendre le même hommage qu’à ses équipiers Serge Savard et Larry Robinson dans de plus brefs délais, notamment lors du retrait du numéro 5 de Bernard Geoffrion.

Pour Michel Bergeron qui fut son patron à Québec en 1984-1985 et 1989-1990, penser ainsi laisserait place à une mesquinerie inacceptable dans l’imaginaire collectif. «Sous le règne de Ronald Corey, le Canadien a retiré peu de chandails. Pierre Boivin lui a succédé à la présidence et il a accéléré le tempo en particulier dans l’année du centenaire oubliant toutefois Lapointe», rappelle-t-il.

Savard a assumé la fonction de directeur général pendant plusieurs années, mais cette prise de décision relève généralement du propriétaire et de son président.

Un élan d’enthousiasme

Le premier séjour de Lapointe à Québec lui a laissé de bons souvenirs. La troupe de Bergie a terminé au deuxième rang de la division Adams, 91 points, trois de recul sur le Canadien. En deuxième ronde éliminatoire, après la victoire contre les Sabres de Buffalo, les Fleurdelisés éliminent le Tricolore dans le septième match au Forum.

«Quand Peter Stastny a marqué le but gagnant contre Steve Penney en prolongation, Charles Thiffault a sauté dans les bras de Lapointe sur la tribune de presse (Simon Nolet et Bergeron travaillaient derrière le banc). Guy l’a serré tellement fort qu’il lui a fracturé une côte.»

Pour le Tigre, il était écrit dans le ciel que le chandail de Lapointe serait un jour suspendu au plafond du Centre Bell. «On parle du Big Three, pas du Big Two. Il fallait en arriver là. Je le considère comme l’un des meilleurs patineurs de l’histoire chez les défenseurs. J’ai souvent vu Pointu assis dans le rectangle du gardien après une charge fulgurante en zone offensive.»

Contrairement à Robinson et Savard qui ont formé la paire pendant des années, Lapointe a été jumelé à différents arrières. Il ne profitait pas de la stabilité des deux autres.

Bergeron adorait travailler avec Lapointe. «Il plongeait toujours l’équipe dans une ambiance de bonne humeur. Un bon raconteur également. Avant tout, les joueurs le respectaient pour son talent, sa carrière et ses conquêtes de la coupe Stanley. Il savait de quoi il parlait; il communiquait bien son art aux jeunes défenseurs des Nordiques.»

Sous le règne de Savard

En 1987-1988, Bergeron part pour New York et André Savard lui succède. Lapointe demeure en poste et Alain Chainey le rejoint.

Personnalité à l’opposé de Bergeron, Savard perd injustement son emploi le 3 décembre après une défaite à Buffalo. Pourtant, l’équipe a récolté 21 points en 24 rencontres. Les Bleus se débrouillent sans Dale Hunter, échangé aux Capitals de Washington, et de nouveaux joueurs ne livrent pas la marchandise. Savard se met Peter Stastny à dos en reléguant son frère Anton à la tribune de presse.

Lapointe reste fidèle à Savard. Il marche à ses côtés lors du retour qui fait passer l’équipe par Montréal. À l’aéroport de Dorval, Lapointe pique une colère mémorable contre un journaliste de la radio qui réclamait vainement une entrevue à Savard. Ce dernier était trop assommé pour se plier aux demandes des médias. Il venait d’être carrément lynché par ses joueurs.

Lapointe a hurlé sa rage contre cet entêté et a menacé de le remettre à sa place. La clientèle de l’aéroport se demandait ce qu’il se passait et plusieurs reconnaissaient Lapointe. Il a fallu le calmer. Mais Savard a apprécié la protection de son ami et adjoint.

Un défenseur complet

Après une année en compagnie de Ron Lapointe, qui a abdiqué pour des raisons de santé avant que le cancer ne l’emporte le 24 mars 1992, et de Jean Perron appelé en relève, en 1988-1989, Guy Lapointe et Chainey ont retrouvé Bergeron pour une dernière année, la désastreuse campagne de 31 points en 1989-1990.

Le Tigre a profité des connaissances de Lapointe, mais il aurait rêvé de miser sur un défenseur de sa qualité quand les Nordiques voguaient au sommet. «Nous nous serions grandement rapprochés d’une conquête de la coupe. Il nous manquait un arrière offensif comme Guy. On pouvait l’utiliser en infériorité et supériorité numérique. C’est le meilleur patineur que j’ai vu chez les défenseurs après Paul Coffey. Quel puissant tir également!»

 
 
 
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