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Santé

Le Québec, la Suède et la santé

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Collagène
photo courtoisie L’accès à un médecin de famille diminue d’année en année au Canada et le Québec est l’une des provinces où la situation est la plus difficile

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La lourde bureaucratie du système de santé est paralysante au Québec. Comparés à la Suède, nous accusons un sérieux retard en matière de technologies informatiques, entre autres.

La lourde bureaucratie du système de santé est paralysante au Québec. Comparés à la Suède, nous accusons un sérieux retard en matière de technologies informatiques, entre autres.

L’institut canadien d’information sur la santé (ICIS) a récemment publié des données sur le système de santé canadien. On apprend que l’accès à un médecin de famille diminue d’année en année au Canada et le Québec est l’une des provinces où la situation est la plus difficile. Quant aux spécialistes, le temps d’attente pour les consulter augmente: en 2003, le pourcentage de Canadiens qui devaient attendre trois mois ou plus pour voir un spécialiste était de 10 %; il est passé à 17 % en 2011. Il y a tout lieu de penser que le Québec se situe à ce niveau.

Au point de vue financier, les dépenses en santé augmentent d’année en année. Si rien n’est fait, de 43 % du budget total du gouvernement aujourd’hui, ce pourcentage sera de 68 % dans les années 2030, principalement à cause du vieillissement de la population. Aucun pays ne pourra suivre cette progression.

Pour alimenter la discussion, comparons maintenant la bureaucratie de notre système de santé avec celle de la Suède. Au Québec, pour une population de 8 millions d’habitants, le personnel non soignant totalise 100 389 employés alors que, pour une population de 9,4 millions d’habitants, la Suède en compte 36 460. Le nombre de fonctionnaires à notre ministère de la Santé est de 2286, soit 685 cadres, professionnels et fonctionnaires directement au ministère de la Santé et 1601 à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). La Suède, elle, s’organise avec 260 fonctionnaires, dont 4 postes de ministres, 20 postes politiques et 236 fonctionnaires. Grande différence.

Ajoutons que les technologies informatiques sont omniprésentes en Suède: le taux de prescriptions électroniques en première ligne atteint 100 % versus 11 % au Canada et le taux des dossiers électroniques est quasi à 100 % alors qu’au Québec, cette avancée est encore à l’état de projet.

Fernand Seguin, grand vulgarisateur scientifique décédé il y a plusieurs années, écrivait : * Au Québec, quand on a un problème, on forme un comité ou on crée une commission et on dit que c’est fait. Nous vivons dans une société sous-développée.* Il avait raison; bureaucratite, comitite, commissionnite, trois maladies dont est affecté notre système de santé.

Des années

Au lieu d’avoir de l’initiative et de prendre des décisions, nous formons des structures auxquelles il faudra des mois sinon des années pour livrer leurs mièvres rapports. Pour des raisons politiques, nous assoyons à la même table des gens du privé et des gens du public, des fonctionnaires et des gens d’affaires, des syndicalistes et des patrons, en espérant que tout ce beau monde s’entendra à merveille et trouvera la solution magique au problème. Complètement improductif! C’est pourtant de cette façon que fonctionne le système depuis des années, et ce, aux frais des contribuables. Ce manque d’initiative et de leadership déteint sur tout le reste de la vie économique: diminution de la productivité, cloisonnement des tâches, embauche de personnel supplémentaire, incapacité de licencier un employé improductif et promotion selon l’ancienneté, sans pouvoir tenir compte des habiletés du travailleur. Avec cette inertie, on a tué le leadership, l’initiative et la créativité du personnel. En se comparant à d’autres, nous tirons de l’arrière parce que notre législation du travail n’est pas adaptée à la réalité nord-américaine, parce que nous cherchons des solutions de facilité, parce que nos conventions collectives et nos règlements bureaucratiques paralysent l’initiative et encouragent le faible rendement et parce que nous cherchons à préserver des emplois au lieu d’essayer d’en créer de nouveaux.

Devant le gouffre vers lequel nous nous dirigeons, nous devons cesser cet immobilisme, changer nos mentalités, être plus progressistes et oser le changement. Nos enfants sauront nous remercier.

 

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