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Cérémonie de nuit à Lac-Mégantic

«Nos mains se sont mises à l'œuvre»

Une nuit émouvante

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Dans un discours poignant et digne, la mairesse Colette Roy-Laroche s'est adressée directement à sa population la nuit dernière, leur demandant d'embrasser l'avenir et de tendre les mains vers l'avant.

Un an après le tragique déraillement de train qui a tué 47 âmes de la communauté de Lac-Mégantic, en plus de défigurer le centre-ville, la mairesse s'est tenu debout devant les siens, leur adressant un message fort.

Devant elle, des centaines de citoyens attentifs, fragiles et peinés, avaient pris place dans l'Église Saint-Agnès, «la maison familiale», comme le dit souvent l'abbé Steve Lemay. Près de l'autel se trouvaient les portraits des victimes disparues lors de l'explosion.

Chaudement applaudie, Mme Roy-Laroche, portant un veston vert, aux couleurs de l'espoir, a laissé couler les mots sous le thème des mains.

«Il y a 365 jours, nous avons vécu et nous avons posé un geste instinctif : celui de mettre nos mains devant nos yeux, pour nous protéger, pour ne pas voir, pour cacher notre peur, pour essuyer nos larmes. Pendant quelques minutes, nous avons essayé de croire que ce qui nous arrivait était plutôt un cauchemar. Lorsque nous avons retiré nos mains, l'horreur était toujours là et le pire était à venir», a relaté la dame de granit. «C'est alors que les mains, nos mains, se sont mises à l'œuvre».

Aller de l'avant

Après avoir remémoré les difficiles moments qui ont suivi les premiers jours de la catastrophe, saluant le travail des pompiers, des policiers, les premiers répondants et les bénévoles, elle a mentionné le travail important de tous les citoyens.

«Les citoyens ont donné un coup de main à leurs concitoyens qui avait besoin d'aide. Plusieurs d'entre nous, avons posé la main sur l'épaule d'une personne qui avait besoin d'être réconfortée. (…) Des centaines de mains se sont déployées.»

Mais le pire était bel et bien arrivé. 47 personnes sont mortes cette nuit-là.

Un an après, la mairesse avait néanmoins un message d'espoir. «Tournons une page de notre histoire, non pas pour oublier, mais pour mieux regarder vers l'avenir», a-t-elle souhaité.

Puis, elle a tenu à remercier tout le Québec pour l'aide apportée à sa population. «Nous sommes 365 jours plus tard et il y a nécessité de le redire, merci», a affirmé Mme Roy-Laroche.

Et finalement, elle a cité une phrase marquante des Misérables de Victor Hugo, afin de se tourner vers l'avenir : «même la nuit la plus sombre prendra fin et le soleil se lèvera».

Cérémonie religieuse

Ensuite, c'est à une cérémonie religieuse axée sur l'avenir, le partage et la solidarité qu'ont eu droit les familles endeuillées lors de la «messe réconfort», célébrée par l'abbé Steve Lemay.

La communauté de Lac-Mégantic s'est réunie au centre-ville pour une vigie nocturne à la mémoire des victimes de la tragédie de Lac-Mégantic, disparues au même moment, l'an dernier, lorsqu'un train a explosé durant la splendide soirée du 6 juillet 2013.

Lorsqu'il a pris la parole pour s'adresser directement au Méganticois, l'abbé Lemay a fait le point sur tout le chemin parcouru depuis ce triste événement qui a complètement changé le parcours de leur vie.

«Tout en marchant, nous avons partagé les uns avec les autres nos peines, nos souffrances. Nous l'avons fait à plusieurs reprises (…) Les nombreux gestes de partage ont été des occasions de goûter au triomphe de la vie et de l'amour», signalant l'importance, malgré les déchirements, de rester solidaire. «Nous avons souffert et pleuré ensemble, nous avons travaillé ensemble, marché ensemble et c'est ensemble que nous poursuivrons la route.»

Soirée réconfortante

Par ailleurs, durant toute la veillée, les citoyens et les visiteurs ont pu circuler dans le parcours de la «Marche du vent». Ce chemin de bois, construit tout juste devant la scène du drame, a permis aux gens de se recueillir.

Des stations musicales avaient été installées afin d'agrémenter la route des visiteurs.

La soirée a culminé avec une marche nocturne et une minute de silence à 1h16 du matin après la messe, heure que la catastrophe s'est produite un an plus tôt.

Pour l'occasion, tous les gens portaient une étoile lumineuse à leurs vestes. «Des étoiles qui ont illuminé leur marche dans la nuit».

Le long cortège d'environ 2000 personnes s'est lentement dirigé vers le centre sportif avant de se disperser. Un peu partout, des petits groupes se sont recueillis.

Devant l'ancien Musi-Café, cinq jeunes adultes se seraient, posés sur le chemin de fer.

Lentement, en silence, la foule a avancé devant la cicatrice qu'a laissée l'explosion d'un train rempli de pétrole un an plus tôt. Un périple afin d'essayer de «tourner la page».

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