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La Voix de l’ombre

Deux acteurs testent leur longue amitié

La voix de l'ombre
Photo courtoisie

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Tout un contrat attendait France Castel et Mario St-Amand. Amis dans la vie depuis une vingtaine d’années, les deux se sont retrouvés devant la caméra d’Annie Molin Vasseur dont il s’agit du premier long-métrage… malgré ses 70 printemps.

Tout un contrat attendait France Castel et Mario St-Amand. Amis dans la vie depuis une vingtaine d’années, les deux se sont retrouvés devant la caméra d’Annie Molin Vasseur dont il s’agit du premier long-métrage… malgré ses 70 printemps.

Au cœur de son histoire: un amour tabou entre un homme marié et une femme que tout sépare, nommément l’âge. Elle pourrait être sa mère. Thomas (St-Amand) est victime d’un accident de vélo et tombe dans le coma. C’est donc seule que Marie-Hélène continuera son chemin, visitant Thomas tous les jours pour lui raconter ses journées sans lui. En flashbacks, des bribes de leur jeunesse.

«J’avais un ami très proche qui était beaucoup plus jeune que moi avec qui il y avait beaucoup d’échanges, beaucoup de communication. Et trois ans après avoir écrit le scénario, il est tombé dans le coma. Au départ ce n’était pas du tout cela. Je voulais montrer les petites choses de la vie. Le film, malgré moi, est entré dans des phases plus difficiles de la mémoire de l’enfance, de la violence. Dire comment ça m’est venu… quand le scénario se construit, nous sommes rattrapés par des tas de souvenirs, par des tas de voix intérieures… dont la voix de l’ombre», indique la réalisatrice.

Challenge

Emmanuel Bilodeau avait été pressenti pour tenir le rôle de Thomas, mais il n’était pas libre. «Finalement j’ai proposé Mario, qu’Annie a rencontré, et ça s’est fait comme ça», dit France Castel.

«C’est France qui m’a invité. Quand j’ai lu le scénario, j’ai trouvé que c’était une belle aventure qui nous attendait tous les deux après une amitié partagée depuis plus de 20 ans. On était rendus là, professionnellement, de se challenger et d’aller là où on n’irait pas dans nos vraies vies: jouer des amoureux», s’enthousiasme St-Amand.

Mais les deux amis ont-ils vécu un malaise en interprétant des amoureux? La réponse varie. Mario St-Amand: «Ah non, il y a eu un abandon et une confiance totale. C’est ça qui a été la plus grande richesse à travers le travail qu’on a fait. On s’est permis à quelques moments de se conseiller sur comment on voyait les choses au niveau du jeu.»

France Castel: «C’est drôle parce que notre amitié et notre connaissance l’un de l’autre permettaient un abandon. Lui n’avait aucun malaise, moi j’en avais du simple fait que je suis la plus vieille. Ce n’était pas relié à lui ou à notre amitié, c’est relié à l’âge, à une femme de 70 ans qui, quelque part, a encore des désirs. Je n’étais pas si à l’aise avec ça.»

Distance et regard

Travailler avec une réalisatrice dont c’était le premier film à 70 ans ne s’est pas fait sans heurt. Annie Molin Vasseur nous a exprimé un certain mécontentement de la part de l’équipe technique qui devait concilier avec une novice… mais tout s’est finalement placé.

«Elle avait déjà un cran d’arrêt sur ce qu’elle voulait faire. France et moi sommes quand même à l’écoute de la bonne volonté d’une réalisatrice de vouloir se réaliser à travers son œuvre. On lui a fait comprendre qu’elle devait prendre un peu de distance par rapport à son histoire, et qu’elle nous laisse aussi travailler. On a intérêt à lui apporter un peu de notre regard personnel à travers cette histoire. Ça reste ni plus ni moins une fiction. Alors on se doit, comme interprètes, de nourrir les personnages de notre bagage de vie, de notre vécu», dit Mario St-Amand.

 

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