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Justice | Consommation

Il se rend en cour pour une crème glacée vendue 4 $ trop cher

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Photo agence QMi, DANIEL MALLARD Jacques Asselin a obtenu 303,99 $ d’un Pharmaprix de Québec qui n’a pas respecté la loi.

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Un Pharmaprix de la région de Québec vient de goûter à la médecine d’un consommateur déterminé qui dit s’être fait traiter cavalièrement.

Un Pharmaprix de la région de Québec vient de goûter à la médecine d’un consommateur déterminé qui dit s’être fait traiter cavalièrement.

Une pharmacie Pharmaprix de Québec vient d’être condamnée par un juge de la division des petites créances à verser 303,99 $ à un client qui n’a pas obtenu sa crème glacée Breyers gratuitement après avoir constaté que la caisse avait enregistré le prix à 7,99 $ au lieu de 3,99 $.

«Je me suis senti insulté. Je suis allé en Cour pour une question de principe», explique Jacques Asselin au Journal un mois après sa victoire au palais de justice.

Contrairement à d’autres, le directeur régional de l’Office de la protection du consommateur ne trouve pas la situation exagérée.

«Je lève mon chapeau à cet homme. Il faut avoir du culot pour aller en Cour pour ça», dit Réal Coallier.

L’aventure a pourtant commencé de façon anodine le 25 novembre 2011, quand M. Asselin s’est rendu au Pharmaprix du 2480, 1re Avenue, à Québec, pour profiter d’un rabais sur la crème glacée, vendue 3,99 $ au lieu de 7,99 $ cette semaine-là.

Rendu à la caisse, le prix exigé est 7,99 $. Il explique que le produit est en rabais dans la circulaire. Le personnel se demande si cette variété de crème glacée fait partie des produits en solde. M. Asselin trouve un lecteur optique dans le magasin, qui affiche bien 3,99 $.

Le ton monte

Et c’est là que le ton monte. On consent finalement à offrir le rabais au client, mais celui-ci invoque la Politique d’exactitude des prix et exige que le pot de crème glacée lui soit remis gratuitement.

De toute évidence, l’aide-gérante n’est pas très au fait de la politique puisqu’elle refuse d’accéder à sa demande. Elle lui suggère plutôt de payer 3,99 $ et de revenir en discuter la semaine suivante avec le gérant.

Un mois plus tard, le gérant avoue l’erreur de son assistante et offre de lui rembourser son 3,99 $ en plus d’un chèque cadeau de 25 $ en guise de dédommagement. M. Asselin refuse.

«Les démarches entreprises pendant ce mois valaient pas mal plus que 25 $», estime le client de 78 ans.

Il inscrit alors sa cause à la division des petites créances et réclame pas moins de 1000 $.

Après avoir entendu les parties, le juge Pierre A. Gagnon octroie le 6 juin dernier 303,99 $ à M. Asselin, soit 3,99 $ pour la crème glacée qu’il n’aurait pas dû payer, 100 $ pour les démarches entreprises pour faire valoir ses droits et 200 $ de dommages punitifs pour une bannière qui a violé à de multiples reprises cette politique.

Pas la première fois

Le juge cite cette amende de 2510 $ imposée en 2011 au Pharmaprix de la Place Alexis-Nihon, à Montréal, mais on en recense au moins trois autres depuis 2011 pour cette bannière.

Un Pharmaprix de Greenfield Park a été condamné en 2012, un autre, de Delson, en 2013 et, finalement, un de Saint-Hyacinthe en janvier 2014.

Notons que l’Office de la protection du consommateur ne recense qu’un Jean Coutu et aucun Uniprix incriminé depuis 2011.

Le magistrat avait même une opinion sur les goûts de M. Asselin.

«À la fin de l’audience, il m’a suggéré à la blague d’acheter de la Coaticook, qu’elle était meilleure que la Breyers», dit le client.

 

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