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Fin du libre choix au Nouveau-Brunswick

certaines femmes jouent leur vie pour avoir recours à l’avortement

Bloc Desjardins

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Vendredi, la clinique Morgentaler du Nouveau-Brunswick (N.-B.) a pratiqué ses derniers avortements dans la province. La clinique privée manque de financement pour continuer à opérer. Malgré une campagne qui a réussi à amasser 100 000 $, l’avenir est incertain pour l’institution.

Vendredi, la clinique Morgentaler du Nouveau-Brunswick (N.-B.) a pratiqué ses derniers avortements dans la province. La clinique privée manque de financement pour continuer à opérer. Malgré une campagne qui a réussi à amasser 100 000 $, l’avenir est incertain pour l’institution.

Pourquoi une clinique privée ?

Je vous entends déjà me dire: «Pourquoi défendre une clinique privée? Le système public devrait prendre les femmes en charge!». Vous auriez raison dans le système québécois, mais au N.-B. le système est bien différent. Selon leur législation et la loi 84-20 (adoptée en 1984), il faut que deux médecins recommandent par écrit que la pratique de l’avortement soit justifiée pour des raisons médicales et qu’ils réfèrent la patiente dans les deux hôpitaux identifiés pour pratiquer l’intervention.

L’accès au service est donc parsemé d’embûches pour les femmes, qui lorsqu’elles décident de faire appel à un avortement, sont déjà fragiles. Car, le choix de l’avortement n’est pas une décision prise à la légère. Certes, il existe des cas d’exception, mais la plupart des femmes ayant recours à l’avortement n’y vont pas le cœur léger, la décision est difficile à prendre.

Empêcher ces femmes de prendre elles-mêmes cette décision et leur refuser par conséquent les services médicaux appropriés n’a aucun sens dans notre société. C’est pourquoi la clinique Morgentaler assurait ce service pour les femmes qui ne voulaient pas avoir à passer par un système désuet. Un système qui les traite encore comme des enfants incapables de prendre elles-mêmes la décision. Bref, qui donne raison en partie au groupe «pro-vie» opposé à l’avortement.

Une autre solution viserait à revoir la législation de 1984, mais le gouvernement reste fermé devant les demandes des groupes pro-choix. Ils justifient que la pratique est légale et qu’elle est pratiquée dans les hôpitaux de la province, donc que les modifications ne sont pas nécessaires. Mais les regroupements des femmes ne sont pas de cet avis.

50 % pratiqués dans l’illégalité

Dans le monde, un avortement sur deux est considéré comme illégal par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon un article de Rémi Barroux, dans Le Monde, les avortements pratiqués dans des conditions non sécurisées diminuent, mais 50 % d’entre eux sont encore pratiqués dans des conditions illégales.

Ces pratiques illégales ont principalement lieu dans les pays en développement, mais selon l’auteur, 6 % d’entre eux sont pratiqués dans les pays développés. Encore aujourd’hui, certaines femmes jouent leur vie pour avoir recours à l’avortement. Cela ne devrait plus être de l’actualité surtout dans un contexte où la médecine a fait des bonds de géant et que l’avortement médicamenteux est maintenant disponible.

Au fédéral

Si cette législation et les problématiques qui en découlent peuvent nous paraître bien lointaines, il ne faut pas baisser la garde. Le gouvernement conservateur a déjà fait plusieurs tentatives pour rouvrir le débat et qui sait, à un an des élections, s’il ne refera pas une nouvelle charge pour plaire à cet électorat conservateur opposé à l’avortement.

 
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