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Rendre des comptes

Ottawa devait tôt ou tard relever la barre chez les autochtones.

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En forçant les Premières Nations à divulguer les salaires de leurs élus, Stephen Harper avait clairement une idée derrière la tête. On a eu droit à un début de réponse cette semaine. Un chef de bande a empoché la modique somme de 915 219$ l’an passé, rémunération dont on ne connaît même pas le détail.

En forçant les Premières Nations à divulguer les salaires de leurs élus, Stephen Harper avait clairement une idée derrière la tête. On a eu droit à un début de réponse cette semaine. Un chef de bande a empoché la modique somme de 915 219$ l’an passé, rémunération dont on ne connaît même pas le détail.

Net d’impôts, le PDG de la Caisse de Dépôt et de Placements du Québec n’est pas si bien payé! Ça donne nettement l’apparence de mauvaise gestion. Mais difficile d’en être certains pour l’instant. Plusieurs administrations ne se sont pas conformées à la Loi et on attend toujours leurs états financiers.

Publier ses états financiers vérifiés

Plus de transparence: c’est bien le minimum qu’on puisse leur demander. Tous les gouvernements et la plupart des entreprises doivent le faire. Votre administrateur de condos le fait. Le gouvernement du Québec le fait. Votre municipalité aussi. Mais jusqu’à date, les Premières Nations faisaient bande à part, elles qui ne sont pas autonomes en matière de taxation. Une bonne partie de leurs revenus provient de fonds publics.

Les Premières Nations n’aiment pas que les gouvernements viennent mettent le nez dans leurs affaires. C’est leur combat historique: elles réclament l’autonomie gouvernementale. Elles n’ont guère apprécié qu’Ottawa leur serve cette politique sous forme d’ultimatum. N’en déplaise, elles auraient dû s’engager à améliorer leurs pratiques bien avant qu’on leur force la main. Ottawa a peut-être été paternaliste, mais la nouvelle Loi fédérale vient combler un grand vide.

Plus de transparence

C’est compréhensible qu’Ottawa demande aujourd’hui des comptes. Prenez l’exemple des municipalités qui reçoivent des fonds de Québec. Elles doivent montrer patte blanche. Les gouvernements provinciaux, qui empochent des transferts conditionnels en santé par exemple, se conforment aussi à certaines règles. Ottawa devait tôt ou tard relever la barre chez les autochtones.

Il est aussi normal qu’on demande la divulgation des salaires des élus. Après tout, ne sont-ils pas les seuls élus du secteurs public dont on ne connaît pas le salaire? La demande d’Ottawa est légitime et était prévisible. Même les présidents de syndicats, dont les membres ne connaissent souvent pas les salaires, ont fait l’objet de pressions fédérales en 2011.

Comment une démocratie saine peut-elle fleurir lorsque les citoyens ne peuvent pas savoir combien d’argent il reste dans le compte de banque de leur communauté? Et combien on a payé leur chef de bande?

L’Ontario publie annuellement sa «Sunshine List». Tous les employés du gouvernement qui gagnent plus de 100 000 $ par année y figurent. On publie leurs noms, leurs salaires et l’instution pour laquelle ils travaillent. Tous y passent: cadres, présidents de sociétés d’État, professeurs d’université.

Clarifions une chose: la plupart des Premières Nations sont probablement bien gérées. Le problème en est un de transparence. Lorsque toutes se seront conformées à la nouvelle loi tous en auront le coeur net.

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