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Hydro-Québec dépose une nouvelle demande pour hausser le tarif d'électricité de 3,9 %

Hydro-Québec dépose une nouvelle demande pour hausser le tarif d'électricité de 3,9 %
Photo Archives / Agence QMI

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Hydro-Québec désire obtenir une hausse substantielle des tarifs d’électricité à compter du 1er avril 2015, soit une augmentation de 3,9 %.

La société d'État explique sa demande placée auprès de la Régie de l'énergie par le coût des nouveaux approvisionnements, principalement éoliens. Plus de la moitié de la hausse demandée (2,1 %) servirait à absorber ces coûts.

Hydro-Québec indique aussi que les investissements dans les réseaux de transport et de distribution pour répondre à la croissance de la demande résidentielle et commerciale contribuent pour 1,9 % à la hausse des coûts. Ces investissements ont été approuvés par la Régie de l’énergie.

L'indexation du coût de l’électricité du bloc patrimonial représente une augmentation de 0,4 %. Ce bloc d'électricité couvre plus de 90 % des besoins québécois.

Des gains d’efficience de 0,5 % permettent de faire contrepoids à ces trois éléments, ramenant la demande d’Hydro à 3,9 %.

Hydro-Québec estime que la hausse représenterait un montant supplémentaire de 2,02 $ par mois pour un logement, de 5,14 $ pour une petite maison,  de 7,33 $ pour une maison moyenne et de 9,46 $ pour une grande maison.

Par ailleurs, la clientèle industrielle de grande puissance, qui bénéficie du tarif L, subirait une hausse des tarifs de 3,5 %, puisqu'elle n’est pas touchée par l’indexation du prix de l’électricité patrimoniale.

Hydro-Québec Distribution entend poursuivre ses programmes visant à soutenir la clientèle à faible revenu. Elle propose un budget de 25,8 millions $ à cet effet, principalement pour le soutien au paiement des factures et de la dette des clients à faible revenu bénéficiant d'ententes personnalisées. Hydro-Québec Distribution propose aussi d'investir près de 8 millions $ dans des programmes en efficacité énergétique destinés à cette clientèle.

La Régie de l’énergie va tenir des audiences publiques pour discuter et analyser la demande. Sa décision est attendue au début de 2015.

L’an dernier, Hydro-Québec avait réclamé une augmentation de 5,8 % pour ses tarifs résidentiels et commerciaux et de 5 % pour le tarif L.

La Régie avait réduit les hausses à 4,3 % et 3,5 %, respectivement.

«Énorme»

La plus récente demande de hausse de tarifs d'électricité est «énorme», a indiqué Marc-Olivier Moisan-Plante, analyste en énergie à l'Union des consommateurs. «Et il faut savoir qu’Hydro n’a pas présenté l’entièreté de sa hausse, a-t-il dit. Elle a reporté, dans sa hausse tarifaire, certains montants à être récupérés dans les années 2016 à 2020. Si on avait suivi la procédure habituelle, pour 2015 on aurait eu une hausse de 7,5 %.»

«Autre fait qui inquiète les associations de consommateurs : Hydro prévoit que ses créances douteuses, les montants qu’elle va perdre parce que des gens ne sont plus en mesure de payer leurs factures, vont augmenter de 18 % pour l’année 2015. Pour nous, c’est un signe inquiétant», a souligné l’analyste.

Marc-Olivier Moisan-Plante estime que le gouvernement libéral de Philippe Couillard, qui veut éliminer le déficit budgétaire et passer en revue l’ensemble des programmes gouvernementaux pour réduire ses dépenses, devrait se pencher sur les coûts de l’énergie éolienne, «une filière industrielle financée à même un tarif essentiel comme l’électricité».

Pour Richard Dagenais, porte-parole de la Coalition des associations de consommateurs du Québec en matière d'énergie, les consommateurs ne devraient pas assumer les coûts de l’éolien, d’autant plus que les hausses de tarifs des dernières années sont supérieures à l’inflation.

«Le gouvernement utilise Hydro-Québec pour réduire son déficit actuel et, maintenant, sa dette accumulée, a mentionné Richard Dagenais. Le gouvernement a un grand appétit pour Hydro-Québec et ce sont les consommateurs, en bout de ligne, qui l’assument.»


Hausses autorisées depuis 2004

2014-2015: 4,3 % (1er avril)
2013-2014: 2,4 % (1er avril)
2012-2013: -0,5 % (1er avril)
2011-2012: -0,4 % (1er avril)
2010-2011: 0,4 % (1er avril)
2009-2010: 1,2 % (1er avril)
2008-2009: 2,9 % (1er avril)
2007-2008: 1,9 % (1er avril)
2006-2007: 5,3 % (1er avril)
2005:2006: 1,2% (1er avril)
2004-2005: 1,4 % (1er avril)
2004: 3 % (1er janvier)
 

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