/news/politics
Navigation
Santé mentale

Les troubles de santé mentale et d'alcool affectent un militaire sur six

Militaire
Photo archives / Agence QMI Le syndrome du stress post-traumatique a doublé depuis 2002 au sein des Forces armées canadiennes, alors que le trouble de panique a considérablement augmenté, d’après une nouvelle étude de Statistique Canada.

Coup d'oeil sur cet article

Alors qu’une vague de suicides frappe les Forces armées canadiennes, une étude révèle qu’un militaire permanent et à temps plein sur six éprouve des troubles mentaux ou des problèmes d’alcool.

L’enquête menée par Statistique Canada et la Défense nationale indique qu’au cours de l’année dernière, 16,5 % des membres présentaient des symptômes correspondant à au moins un des six troubles mentaux ou à de l’abus et de la dépendance à l’alcool.

L’épisode dépressif majeur était le type le plus fréquent de trouble, alors que 8 % des membres en ont vécu. Réduction de l’énergie, changement du sommeil et de l’appétit, difficultés à se concentrer, sentiment de désespoir ou idées suicidaires y sont associés.

L’étude démontre aussi que le trouble de stress post-traumatique dans l’armée a pratiquement doublé entre 2002 et 2013, touchant maintenant 5,3 % des militaires. Le trouble de panique a également connu une hausse considérable au cours de la même période, passant de 2 à 3,4 %. L’abus ou la dépendance à l’alcool touchent ensemble 4,5 % des membres des Forces.

Selon l’ex-militaire Martin Forgues, qui a été déployé en Bosnie et en Afghanistan, ces données viennent confirmer ce dont tout le monde se doute depuis des années.

«Si on se rappelle, en 2002, c’était la mission pour le maintien de la paix en Bosnie. Depuis, on a la guerre en Afghanistan. Ce n’est pas surprenant, selon moi, qu’il y ait une explosion de ces troubles de santé mentale là, finalement», fait remarquer l’auteur du livre Afghanicide: cette guerre qu’on ne voulait pas gagner.

Si l’armée a fait plusieurs efforts pour améliorer la situation, selon M. Forgues, une «culture très macho» subsiste.

«Je crois que c’est la responsabilité de la hiérarchie, des supérieurs, de travailler à essayer d’opérer ce changement de culture là pour que les militaires obtiennent toute l’aide dont ils ont besoin», explique-t-il.

Les partis d’opposition jugent pour leur part ces données très préoccupantes et somment le gouvernement Harper d’agir.

«On le dit depuis plusieurs années, on a un besoin pressant d’avoir plus de spécialistes en santé mentale pour régler ce problème», affirme le député libéral Marc Garneau.

Le député du NPD Sylvain Chicoine accuse pour sa part le gouvernement de «minimiser» le problème. «Depuis plusieurs années, on n’embauche pas de nouveaux psychologues pour faire face aux problèmes, pour des raisons budgétaires», dit-il.

Ces données portant sur tous les membres permanents et à temps plein des Forces font partie d’une étude plus approfondie sur ce sujet dont les résultats seront divulgués en novembre prochain.

Taux de certains troubles mentaux et problèmes d’alcool
L’un ou l’autre des troubles mentaux ou problèmes d’alcool visés par l’enquête :

16,5 %

Épisode dépressif majeur :

8 %

Trouble de stress post-traumatique :

5,3 %

Trouble d’anxiété généralisée :

4,7 %

Trouble panique :

3,4 %

Abus d’alcool :

2,5 %

Dépendance à l’alcool :

2 %

Commentaires