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L’oreillette a-t-elle sa place dans le peloton?

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Lors des courses professionnelles, les coureurs traînent avec eux une radio qui permet d’être en communication avec le directeur sportif.

Lors des courses professionnelles, les coureurs traînent avec eux une radio qui permet d’être en communication avec le directeur sportif. Par contre, il faut savoir que les communications radio ne sont pas infaillibles et que la réalité est loin de ce que l’on peut s’imaginer.

Introduite en 1996, la communication radio entre les coureurs et le directeur sportif s’est rapidement ancrée dans les mœurs des coureurs. Aujourd’hui, elles ne sont permises que sur les courses du circuit WorldTour. Elles permettent au directeur sportif de donner des informations concernant le parcours et les difficultés qui attendent les coureurs.

Le directeur sportif transmet également des informations concernant la composition des groupes de tête et des écarts sur la route. Les voitures sont équipées de télévisions qui transmettent la course en direct. Les directeurs ont donc souvent plus d’informations sur le déroulement de la course que les coureurs eux-mêmes. Et bien évidemment, il peut également donner des instructions aux coureurs.

Contact intermittent

En ce qui concerne les cyclistes, un micro glissé sous le maillot permet de parler à la voiture et avec les autres coureurs. Les communications venant de la voiture sont claires, mais n’ont qu’une portée d’environ 4-5 km. Quand le peloton se fractionne en plusieurs petits groupes, on perd rapidement le contact.

Il ne faut pas non plus penser que les communications sont aussi claires qu’avec un téléphone cellulaire. Pour réussir à parler à la voiture à partir du peloton, il faut presque se compter chanceux. Il faut qu’il n’y ait pas trop de vent, que le micro soit à la bonne distance de la bouche et ne pas être trop essoufflé. Un autre facteur important est bel et bien l’accent des coureurs. Quand j’étais en course, je me suis rapidement résigné à essayer de parler dans le micro. En France, j’ai compris que je ne m’exprimais pas dans la même langue que mes coéquipiers. Eux parlent le français, alors que moi je parle le québécois!

Il y a quelques années, l’usage des oreillettes a été restreint et plusieurs coureurs s’en sont plaints. Les discussions sont toujours en cours à savoir si l’on devrait garder l’oreillette ou bien abolir totalement son usage.

L’instinct avant tout

Certains disent que celle-ci joue un rôle primordial dans la sécurité du peloton puisque les cyclistes peuvent être informés en tout temps sur l’état de la chaussée, la présence des courbes dangereuses ou encore de la présence de zones de constructions.

Personnellement, je pense que les oreillettes pourraient être entièrement retirées. Sur le plan de la stratégie, elles désavantagent les coureurs en échappée et en fin de course; les coureurs devraient se fier à leur instinct plutôt qu’aux directives du directeur sportif. Pour ce qui est de la sécurité, contrairement à certains, je crois en fait que c’est une source de risque. En effet, quand 200 cyclistes sont informés en même temps de remonter à l’avant du peloton puisque dans les prochains kilomètres il y aura un rétrécissement, les coureurs se pressent nerveusement dans le peloton et risquent alors de causer des chutes.

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