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Pommes de terre

Une entente concernant les croustilles tourne au vinaigre

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Photo Yves Charlebois / Agence QMI Les producteurs digèrent mal que Croustilles Yum Yum se soit tournée vers la Régie des marchés agricoles pour faire baisser le prix.

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Huit producteurs de pommes de terre qui vendent au marché de la transformation en croustilles contestent une décision de la Régie des marchés agricoles du Québec d’accorder une baisse du prix de vente de leur produit, à la firme québécoise Yum Yum.

En effet, habitués à établir le prix de vente de leur quintal (100 livres) de pommes de terre à la suite de négociations avec l’acheteur, les producteurs digèrent mal que Croustilles Yum Yum, située à Warwick dans le centre du Québec, se soit tournée vers la Régie des marchés agricoles pour faire baisser le prix de 13,65 $ demandé par les producteurs, au lieu de poursuivre les discussions pour en arriver à une entente finale.

La Régie des marchés s’est rangée aux arguments soumis par Yum Yum et lui a accordé un prix de 12,44 $ pour l’année 2014-2015 et un gel du prix pour l’année subséquente.

Le jeu de la négociation

Considéré comme un très petit joueur dans ce marché en Amérique du Nord, avec des revenus globaux de 18 millions $, le Québec a l’habitude de suivre les prix établis dans les états américains de l’Idaho et de Washington, de même que ceux négociés à l’Île-du-Prince-Édouard.

En 2014, le prix d’achat pour les pommes de terre destinées à la fabrication de croustilles a déjà chuté de 3 à 4 %.

«C’est rare que les producteurs ne réussissent pas à s’entendre avec les acheteurs. Mais chez Yum Yum, sous prétexte que la PME est en compétition avec des grosses compagnies, elle a voulu un prix encore plus bas. Avec eux, on se retrouve toujours à la Régie», a déploré Réal Brière, le président de la Fédération des producteurs de pommes de terre du Québec.

Le porte-parole estime que ce n’est pas la pomme de terre qui coûte cher aux acheteurs. Réal Brière évalue que dans un sac de format familial de 270 grammes, les croustilles coûtent à peine 24 cents à la compagnie.

Ce serait davantage l’huile pour la friture (soya ou canola) qui serait dispendieuse. Il estime que les agriculteurs n’ont pas à payer pour cela.

«Quand on veut travailler en harmonie avec tout le monde, il faut que le producteur puisse couvrir son coût de production et qu’il en vive, a ajouté Réal Brière. C’est lui qui prend sur ses épaules d’assurer la relève agricole et l’innovation dans la production.»

Appelée à répondre à ces accusations, Croustilles Yum Yum a préféré ne pas faire de commentaires.

En appel à la Régie

L’autre principal client des producteurs de pommes de terre destinées à la croustille est la multinationale Frito Lay. Neuf producteurs ont des ententes avec la compagnie depuis de nombreuses années et ils sont certains qu’elle sera fidèle aux prix négociés.

«Nos producteurs sont amers, a dit Réal Brière. Ils ne savent pas ce que leur réserve l’année 2015. Y aura-t-il une hausse des prix des intrants, du carburant, des semences? Il est important qu’ils puissent être entendus par la Régie des marchés agricoles pour éviter un effet rebond. Nous avons déposé une demande de révision le 8 août dernier.»

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