/lifestyle/health
Navigation
Santé

Idées pour le ministre de la Santé

Idées Santé
illustration benoit tardif, colagene.com

Coup d'oeil sur cet article

Nouveau ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette devra surmonter des défis colossaux. Comme ses prédécesseurs, il devra parvenir à juguler la croissance des coûts de la santé tout en préservant l'intégrité du système public. Ce ne sera pas une tâche facile. Voici quelques idées qui pourraient offrir des pistes de solution aux problèmes de notre système de santé.

Nouveau ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette devra surmonter des défis colossaux. Comme ses prédécesseurs, il devra parvenir à juguler la croissance des coûts de la santé tout en préservant l'intégrité du système public. Ce ne sera pas une tâche facile. Voici quelques idées qui pourraient offrir des pistes de solution aux problèmes de notre système de santé.

1 Le ministre doit parvenir à maîtriser l’augmentation phénoménale de la facture des médicaments. Il pourrait jouer mieux la carte des médicaments génériques qui sont actuellement payés trop cher, en imposant des preuves scientifiques sur les avantages d’un médicament par rapport à un autre et en mettant en place un système d’achat en gros de médicaments à l’échelle de la province.

2 Il doit préparer le système de santé à l'arrivée massive des baby-boomers à la retraite. Pour ce faire, il pourrait instaurer une assurance-santé (la Caisse santé telle que préconisée par la commission Clair) ou encore l’assurance-vieillesse proposée par d’autres.

3 Le ministre pourrait réduire les coûts en délestant le système public des services non médicalement requis ou non pertinents.

4 Il devra explorer des solutions créatives pour s'assurer que l'argent de la santé est bien alloué aux patients. Pour ce faire, il devra réduire et modifier la bureaucratie qui étouffe le système.

5 Le ministre devra mettre fin au débat sur l’opportunité de modifier le régime public au profit du secteur privé, tout en s’assurant que les citoyens conservent leurs droits à des services de santé de qualité. Une certaine privatisation des soins est compatible avec une médecine gratuite de qualité.

Public-privé

Bien contrôlé, le partenariat public-privé n’a pas à faire peur. Au Québec, il existe depuis plusieurs années déjà. Pensons aux centres de soins de longue durée privés conventionnés et aux coopératives santé, pour ne mentionner que ces exemples.

Pourquoi ne pas établir un partenariat public-privé pour certains services non médicaux comme la buanderie ou l’entretien ménager? Combien d’examens demandant une technologie de pointe pourraient être faits, par contrat, dans des cliniques affiliées à des centres hospitaliers en ophtalmologie, en radiologie et en physiatrie, par exemple? Pourquoi les laboratoires d’hôpitaux ne pourraient-ils pas vendre des services au privé avec profit en dehors des heures d’ouverture au lieu de laisser dormir une instrumentation très coûteuse?

Réinjecter les profits

Pourquoi ne pas procéder à des opérations d’un jour chez des patients «privés» le soir ou la nuit puisque des salles d’opération sont fermées 16 heures par jour, ce qui permettrait aussi de réaliser des profits et de les réinjecter dans le centre hospitalier pour l’ensemble des patients, sans oublier la libération de lits de jour pour d’autres patients?

Toutes ces propositions sont conformes aux conclusions du rapport Arpin sur la complémentarité du secteur privé dans le système de santé et à deux des recommandations de la Commission d’étude sur les services de santé et les services sociaux (Commission Clair). Nous devons continuer de développer un accès universel aux services de soins de santé de base, mais financés par une variété de sources, publiques et privées.

6 Le ministre devra permettre l'accroissement du nombre et du rôle de l’infirmière clinicienne dans la prévention et le suivi de maladies chroniques.

Par contre, la cible proposée de 2000 infirmières cliniciennes en 10 ans est inatteignable à cause de l’impossibilité des facultés de Sciences infirmières d’accueillir 200 étudiants par année.

L’Ordre des infirmières et infirmiers (OIIQ) devra présenter plus de souplesse face à la délégation de certains actes infirmiers aux infirmières et infirmiers auxiliaires. Certains médecins spécialistes devront montrer plus d’ouverture quant au partage d’actes médicaux avec d’autres professionnels de la santé: par exemple, une ouverture plus grande des anesthésiologistes face aux inhalothérapeutes.

7 Il devra mieux évaluer le rôle des médecins spécialistes. La médecine interne devrait être la spécialité la plus importante dans un centre hospitalier. Le médecin spécialiste en médecine interne devrait être le premier sur la ligne d’attaque en milieu hospitalier et développer une relation de choix avec le médecin de famille. Tout devrait être fait pour augmenter le nombre d’internistes dans nos hôpitaux.

8 Le ministre devra assurer un meilleur encadrement de l'implantation des nouvelles technologies en milieu hospitalier. Quand l’informatisation du réseau de santé sera-t-elle terminée une fois pour toutes, après avoir coûté des millions et des millions de dollars aux citoyens pour qu’un éléphant accouche d’une souris?

Devoir de l’État

La santé est un droit en vertu de nos chartes. L’État a donc le devoir impérieux de s’assurer que tous les citoyens et citoyennes ont un accès équitable à la santé et il ne peut autoriser le développement sauvage d’un réseau privé, au mépris des plus démunis.

Toutefois, il est possible de développer un système ou le public et le privé trouveront chacun leur compte, sous la supervision de l’État. D’ici à 2030, le budget consacré à la santé passera de 43 % à 68 % principalement à cause du vieillissement de la population. Il n’est plus possible d’offrir des soins, des services et des technologies des années 2000 au tarif des années 1980. Les politiciens devront avoir le courage de le dire et la population devra enfin le reconnaître et investir davantage dans sa santé.

 

Commentaires