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Infirmière | Opération

Une infirmière meurt après une opération dans son propre hôpital

Le coroner se demande si le chirurgien qui l’a traitée a posé les gestes adéquats

Hôpital Rouyn-Noranda
photo d’archives Emmanuelle Corbeil-Châtillon s’est présenté à l’urgence et un médecin lui a recommandé d’aller à une clinique externe. Elle est morte le soir même.

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Un coroner recommande au Collège des médecins d’ouvrir une enquête à la suite du décès d’une infirmière de Rouyn-Noranda. Emmanuelle Corbeil-Châtillon est morte des suites d’une opération subie dans son propre hôpital.

Les employés de l’hôpital de Rouyn-Noranda sont en deuil depuis le 2 janvier, date du décès de Mme Corbeil-Châtillon. Elle est morte dans son sommeil trois semaines après avoir subi une opération à son appendice.

Le coroner qui a examiné le cas, le Dr Jean Brochu, souligne que l’opération s’est déroulée normalement, mais il soulève plusieurs questions concernant le suivi postopératoire.

Il annule un traitement

Mme Corbeil-Châtillon se présente à l’urgence le 30 décembre après plusieurs jours de douleurs au côté droit, là où elle a subi la chirurgie. Un examen de tomodensitométrie confirme l’existence d’un abcès.

L’urgentologue qui a reçu Mme Corbeil-Châtillon lui a prescrit des antibiotiques par intraveineuse et un drainage. Ce qui constitue «le traitement reconnu pour un abcès», selon le coroner.

Mais le chirurgien, le Dr Alexandre Viau, révise le dossier et annule le drainage. Il demande à Mme Corbeil-Châtillon de prendre un rendez-vous le 8 janvier dans une clinique externe.

Ce qui n’arrivera jamais, puisqu’elle est morte le soir même.

Controverse sur la cause du décès

Dans son rapport, le coroner conclut qu’Emmanuelle Corbeil-Châtillon est décédée d’un choc septique, un grave problème qui survient lorsqu’une plaie est infectée. Il soulève plusieurs lacunes de la part du Dr Viau, notamment l’annulation du drainage qui aurait pu sauver la vie de sa patiente. Il recommande au Collège des médecins d’ouvrir une enquête.

Or, selon la famille de la victime, l’hôpital de Rouyn-Noranda a mené une enquête interne dirigée par la Dre Annie Léger. Celle-ci arrive à une autre conclusion et ne recommande aucune sanction contre le médecin.

«(La Dre Léger) était catégorique et disait qu’Emmanuelle n’était définitivement pas morte d’un choc septique. C’est tout le contraire de ce que dit le coroner», affirme Marc Châtillon, le père de la victime.

Il n’a pas été possible d’obtenir une copie du rapport de la Dre Léger. La famille conserve le document au cas où elle décide d’entamer une poursuite en justice. L’hôpital de Rouyn-Noranda a refusé nos demandes d’informations, affirmant que la Dre Léger ne pouvait commenter le dossier d’une patiente.

Le Collège des médecins décidera la semaine prochaine s’il ouvre une enquête.

 

Questions soulevées par le coroner
« Les symptômes, les signes cliniques et les examens d’imagerie pointaient pourtant tous vers une condition infectieuse »
« Le traitement reconnu d’un abcès — présumé ou avéré — est le drainage »
« (...) quand elle a reçu son congé de l’hôpital le 1er janvier 2014, Emmanuelle Corbeil-Châtillon aurait-elle pu bénéficier au moins de l’administration d’antibiotiques par voie intraveineuse si on suspectait un abcès? »
« Considérant ces éléments, la conduite du chirurgien a-t-elle été suffisamment prudente? »
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