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Saccage de l'hôtel de ville

44 personnes sont visées par des accusations criminelles

Denis Coderre.
Photo Olivier Robichaud / Agence QMI Denis Coderre.

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Des accusations criminelles ont été portées contre 44 employés municipaux impliqués dans le grabuge à l'hôtel de ville, le 18 août dernier. De plus, 39 employés ont été suspendus sans solde.

Au total, 63 employés de la Ville sont visés par les mesures disciplinaires, a indiqué vendredi le maire de Montréal, Denis Coderre, lors d'une conférence de presse.

Des 39 employés suspendus, 30 sont des pompiers, quatre sont des cols blancs et cinq sont des cols bleus.  À cela s'ajoutent 24 autres employés qui ne sont pas suspendus, mais qui feront tout de même l’objet d’une enquête administrative.

«On a dit qu'on allait agir, a affirmé M. Coderre. C'est grave, ce qui s'est passé à l'hôtel de ville. Et pour une situation exceptionnelle, il y a des mesures exceptionnelles qui doivent être administrées.»

Mesures distinctes

Pour sa part, le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, a fait savoir vendredi que 44 employés municipaux font face à des accusations criminelles pour attroupement illégal, méfaits et voies de fait à la suite du saccage de l'hôtel de ville.

«Un procureur de la Direction des poursuites criminelles et pénales a aussi été attitré pour nous soutenir dans l’enquête, de même qu’un juge de la Cour du Québec. Ce sont eux qui ont évalué la preuve amassée par les enquêteurs et qui ont autorisé les accusations et les sommations», a souligné M. Parent.

Une employée du SPVM fait partie des 44 employés accusés et M. Parent a indiqué qu’il s’agissait d’une employée civile.

Afin d’assurer la neutralité de l’enquête, une équipe mixte composée d’enquêteurs et de cadres a été constituée. «Le SPVM est en mesure de faire cette enquête», a dit le chef, précisant qu’elle comporte deux volets: criminel et disciplinaire.

M. Parent a fait savoir qu’une douzaine de cadres et de policiers du SPVM ont été rencontrés et que certains feront faire face à des accusations disciplinaires. «Il y a des comportements qui vont à l’encontre de notre code de discipline», a-t-il souligné.

Le maire Coderre n'a pas indiqué si les 39 employés étaient parmi les 44 qui font l'objet d'accusations criminelles, affirmant plutôt que les deux enquêtes étaient menées de façon indépendante.

M. Coderre a d'ailleurs réitéré sa confiance envers les directeurs du SPVM, Marc Parent, et du Service de sécurité incendie, François Massé.

Transparence

Marc Parent a souligné que les enquêtes, aussi bien criminelles que disciplinaires, n’étaient pas terminées. Il a toutefois tenu à rassurer les citoyens, notamment sur la «transparence du processus».

Vendredi, plusieurs portes de l'hôtel de ville de Montréal avaient été cadenassées et la sécurité avait également été renforcée.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), dont sont membres les cols blancs et les cols bleus de Montréal, a réagi avec prudence à l'annonce du maire et aux accusations criminelles annoncées quelques heures plus tôt. «Tout en dénonçant la violence en toutes circonstances, j'estime que la prudence est de mise. On ne peut pas condamner sans jugement qui que ce soit», a affirmé Denis Bolduc, secrétaire général du SCFP-Québec.

L'Association des pompiers de Montréal n'a pas souhaité commenter l'affaire.

Le chef de Projet Montréal et de l'opposition officielle, Richard Bergeron, s'est dit satisfait des sanctions et de l'enquête administrative. Il a toutefois déploré que le rapport sur les agissements des policiers soit remis à la Commission sur la sécurité publique.

«C'est la meilleure façon de me dire que je n'aurai jamais accès au rapport. La Commission siège à huis clos et ses membres sont tenus au secret quant au déroulement des séances», a-t-il souligné.

Anie Samson, qui préside cette commission, n'a pas souhaité commenter le dossier.

M. Bergeron a réitéré son désir de voir cette tâche confiée à un corps policier indépendant. Il aimerait que le rapport sur les agissements des policiers soit public et déposé au conseil municipal.

Par ailleurs, le directeur du SPVM a annoncé la création d’un comité civil d’examen indépendant chargé de garantir que le processus en place au SPVM respecte les grands principes de la gestion administrative et disciplinaire.

Le 18 août dernier, les policiers de Montréal sont restés passifs lorsque des centaines d'employés municipaux sont entrés de force dans l'hôtel de ville de Montréal. Ils ont vandalisé plusieurs locaux lors d'une manifestation contre le projet de loi sur les régimes de retraite.

La ministre Thériault réagit aux 44 accusations déposées

La ministre de la Sécurité publique Lise Thériault s’est dite satisfaite du travail des policiers, qui a mené à la mise en accusation de 44 employés municipaux.

«Je suis satisfaite de la façon dont les enquêtes ont été menées», a déclaré la ministre vendredi, tout en rappelant que d’autres enquêtes étaient toujours en cours.

Mme Thériault réagissait aux 44 accusations criminelles déposées contre des employés municipaux, en lien avec le saccage de l’hôtel de ville lors d’une manifestation qui avait dégénéré, le 18 août dernier.

Ce jour-là, environ 250 employés municipaux avaient investi l’hôtel de ville, pour protester contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite.

La ministre a également assuré qu’il n’y avait pas eu d’ingérence dans ce dossier, comme l’avait dénoncé le président de la Fraternité des policiers, Yves Francoeur. Car avant le dépôt d’accusations ce vendredi, la responsable de la sécurité publique au Comité exécutif de la Ville de Montréal, Anie Samson, avait assuré à «La Presse» que des accusations criminelles allaient être portées.

«Le chef de police (Marc) Parent a demandé à mon sous-ministre si c’était possible que le ministère de la Sécurité publique vérifie le processus, pour voir si tout a été fait dans les règles de l’art, a expliqué Mme Thériault. Présentement, il y a des fonctionnaires du ministère qui accompagnent le SPVM.»

Lise Thériault en a d’ailleurs profité pour rappeler aux policiers et aux pompiers leur devoir de réserve, en plus de leur demander d’exercer leur fonction «dignement».

«Ils sont là pour protéger et servir et je suis convaincue qu’on peut compter sur leur collaboration», a-t-elle dit.

Avec la collaboration d'Olivier Robichaud et de Michael Nguyen
 

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