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Pour une seule police nationale

Les utopistes ont permis beaucoup de changement dans nos sociétés !

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Pourquoi la police doit être syndiquée ? Par nécessité pour les femmes et les hommes qui font cette profession, et ce à travers l’Amérique du Nord et une bonne partie de l’Europe.

Pourquoi la police doit être syndiquée ? Par nécessité pour les femmes et les hommes qui font cette profession, et ce à travers l’Amérique du Nord et une bonne partie de l’Europe.

Mais restons au Québec. Pourquoi un syndicat policier? Pour éviter des abus de pouvoir de certaines directions policières vis-à-vis ses membres (parlez-en justement à certains membres de la GRC) pour protéger leur intégrité physique et psychologique (qui pensez-vous sont les initiateurs des programmes d’aide aux policiers?) Pour maintenir justement son indépendance de toute influence politique, comme mentionnait Richard Martineau dans une récente chronique.

Il fut un temps pas si lointain que certains corps policiers municipaux ainsi que la police provinciale subissaient régulièrement de l’ingérence politique de certains élus qui, de par leurs manœuvres, s’inscrivaient en faux à leurs devoirs.

Madame Bombardier s’offusquait dernièrement dans sa chronique, avec raison, de l’envahissement de l’Hôtel de Ville de Montréal, en désacralisant ce lieu hautement symbolique qu’est un conseil de ville. Mais à ce que je sache l’antonyme est sacralisation et son synonyme: (couronnement, consécration, intronisation). Mais force d’admettre que plusieurs furent couronnés et consacrés et certains élus ont eux-mêmes désacralisé leurs fonctions (voir la commission Charbonneau). Et que dire de l’époque de la police de Duplessis?

Une seule police nationale

Mais sous le règle de Claude Wagner, ancien ministre, tout changea, car il voulait une police professionnelle et, contre son gré, il permit l’Association des policiers provinciaux (fin 1966). En 1969, début de l’Institut de police de Nicole, permettant à tous les policiers municipaux et provinciaux d’obtenir une formation adéquate.

Mais que faire pour protéger cette entité qu’est la police? Quoi faire pour garder la confiance des citoyens envers cette institution, si nécessaire en démocratie? Comment faire pour assurer son intégrité?

Pourquoi pas une seule police nationale? Un corps policier avec deux entités, la police judiciaire et la gendarmerie, avec un statut particulier pour la ville de Montréal, regroupant tous les policiers québécois municipaux et provinciaux. Un syndicat unique, élu démocratiquement par les policiers municipaux et provinciaux avec un exécutif élargi, avec une convention collective unique. Et enfin un comité parlementaire composé à parts égales de députés de toutes allégeances politiques, responsable de ce corps policier unique et indépendant.

Une utopie ?

Utopique direz-vous? Les utopistes ont permis beaucoup de changement dans nos sociétés!

Nous sommes à mon avis à une étape importante au niveau sociétal pour un changement en ce qui concerne la police. Qui osera? Quels dirigeants politiques auront le courage politique de le faire en sachant fort bien qu’ils perdront leurs pouvoirs d’influence concernant la police. Vous savez, la police voit tout, entend tout et sait tout. Une chance qu’ils respectent leurs serments d’office.

Notre profession est assujettie à un code déontologique, mais au-delà du code il y a le jugement, car le code ne peut tout faire. Et la majorité de nos policiers en ont. Nous sommes aussi humains et non des robots comme certains le prétendent.

Socrate disait à ses étudiants « Je suis un soldat d’Athènes mais je suis aussi un homme.»

 

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