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L’angoisse du poisson rouge

Tout et partout à la fois

Quebec
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE

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Maman de triplées et écrivaine, Mélissa Verreault a donné libre cours à sa fascination pour l’Italie, l’Histoire, l’enfance, l’impossible et l’humanité dans ce qu’elle a de plu­s rassembleur et de plus fragile dans son troisième roman, L’angoisse du poisson rouge.

Son héroïne, Manue, considère que son existence est catastrophique et digne d’un scénario hollywoodien. En cherchant son poisson rouge mystérieusement disparu, elle croise le chemin de Fabio, un jeune Italien immigrant, qui ne se sent chez lui nulle part. Le récit de leur relation se mêle avec celui de Sergio, soldat de la Seconde Guerre mondiale, un homme mort cent fois qui a été témoin de situations extrêmes. Destins communs, histoires passées, espoir: ce roman explore tout à la fois.

Mélissa Verreault a trouvé le temps d’écrire ce roman choral entre les multiples tâches imposées par la naissance de trois filles, qui ont maintenant deux ans et demi.

«L’écriture de ce livre m’a sauvée d’une certaine folie parce qu’il y a de quoi virer fou quand on donne 18 biberons par jour et qu’on change autant sinon plus de couches. On a l’impression à un moment donné d’être dans les soins constamment et on s’oublie. Toutes les mères le vivent: quand tu as un enfant, ta vie change du tout au tout. Mais avec trois, tu capotes, il n’y a pas d’autres mots! Après six mois, je suis tombée, j’étais épuisée, et l’écriture m’a permis de me remettre sur les rails, de me réaligner sur la personne que j’étais avant d’accoucher et d’avoir des triplées, de me redécouvrir comme personne et comme femme.»

Faits vécus

Dans L’Angoisse du poisson rouge, Mélissa Verreault s’est basée sur des faits vécus lorsqu’elle évoque l’histoire de Sergio, la Deuxième Guerre mondiale, les camps de concentration. «Ces faits ont été vécus par un homme qui s’appelle Sergio, le grand-père de mon conjoint. Sergio, le vrai, a laissé un témoignage à un de ses petits-fils avant de mourir et j’ai eu accès au document audio. Il racontait sommairement son expérience de la Deuxième Guerre. C’était un résumé pas trop troublant, pour ne pas traumatiser son petit-fils de 14 ans, mais j’ai pu partir de ça pour approfondir mes recherches et découvrir autre chose.»

Les lettres échangées entre Sergio et sa douce Louisa qu’elle évoque dans le roman existent vraiment mais elle ne les a pas lues. «Je suis partie d’une réalité atroce mais j’ai inventé autre chose. Je suis une écrivaine de fiction. Je ne suis pas une historienne, ni une documentaliste. Je voulais me laisser une certaine liberté. C’est mon imagination qui a travaillé.»

Mélissa Verreault a été finaliste au Prix France-Québec 2012 avec son premier roman Voyage léger.
 

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