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Une alliance pour bloquer la filière uranifère

Une alliance pour bloquer la filière uranifère
PHOTO CDM/ELAINE NICOLAS/L'ÉCHO DU NORD ET LE MIRABEL /AGEMCE QMI

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Une nouvelle alliance formée de médecins, d'environnementalistes et de représentants des nations autochtones lance une campagne pour empêcher l'exploitation de l'uranium au Québec.

Bien qu'il existe peu d'études sur l'incidence des mines d'uranium sur la santé humaine, les risques seraient élevés, ont soutenu des porte-parole de cette coalition. «Ce que l'on sait, il y a une augmentation des cancers du poumon chez les hommes en périphérie des mines d'uranium. Il y a une augmentation possible des cancers du sang, leucémie et lymphome. Des études montrent une augmentation des anomalies génétiques dans le sud des États-Unis», a soutenu le docteur Éric Notebaert, de l'Association canadienne des médecins pour l'environnement à l'occasion d'une conférence de presse.

«On soutient le développement responsable des ressources du Québec, mais l'uranium on lui dit non, notamment à cause des déchets miniers radioactifs et toxiques qui le demeurent pendant des milliers d'années», a ajouté Ugo Lapointe du groupe Pour que le Québec ait meilleure mine. L'Alliance lance cette campagne au moment où le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) poursuit sont enquête générique sur les enjeux de la filière uranifère.

Deux provinces canadiennes, la Colombie-Britanique et la Nouvelle-Écosse ainsi que l'État de la Virginie au États-Unis ont interdit l'exploitation de l'uranium sur leurs territoires. Richard Shecapio, chef de la nation Crie de Mistissini, s'est joint à l'Alliance pour signifier l'opposition de sa communauté au projet Matoush de la société Strateco. «Notre participation à l'Alliance nous permet de réitérer notre vive opposition au développement de l'uranium sur nos terres. Nous ne sommes pas contre le développement minier, nous sommes ouverts au Plan Nord mais sans l'uranium», a déclaré le chef Shecapio. L'Alliance demande aux Québécois d'écrire au BAPE pour lui exprimer leur opposition à la filière uranifère. Il n'existe aucune mine d'uranium en exploitation au Québec.

Par ailleurs, dans une recension d'études publiée en avril 2014 sur les impacts sanitaires en lien avec l'exploitation uranifère, l'Institut national de la santé publique concluait qu'il n'est pas possible de conclure qu'il existe un risque sur la santé des gens habitant à proximité d'une mine d'uranium. «Plus de 300 municipalités et de communautés autochtones qui ont adopté des résolutions défavorables à l'uranium. On ne connaît pas de communautés qui ont passé des résolutions favorables. Il y a un problème d'acceptabilité sociale avec cette filière-là. Nous pensons qu'elle est fondée. On parle de gestion de déchets radioactifs et toxiques pendant des milliers d'années versus des bénéfices de courte durée», a signalé Ugo Lapointe.

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