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Cigarette électronique

La cigarette électronique est partout, le Québec s’organise

Des élus veulent l’interdire des espaces publics, des écoles l’ont bannie

Cigarette électronique
Photo Le journal de Montréal, Baptiste Zapirain Reda Manhoum est parvenu à couper totalement la cigarette pendant trois mois, mais l’appel du tabac a été le plus fort. Il a tout de même réduit de moitié sa consommation de tabac, mais il gère désormais deux habitudes: le tabac et la cigarette électronique.

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La cigarette électronique envahit la société québécoise, qui s’adapte comme elle peut à cette nouvelle tendance en l’absence de règles et de connais­sances définitives sur sa dangerosité.

La cigarette électronique envahit la société québécoise, qui s’adapte comme elle peut à cette nouvelle tendance en l’absence de règles et de connais­sances définitives sur sa dangerosité.

La cigarette électronique est tellement présente qu’elle va s’inviter ce soir à un débat en conseil municipal de Montréal.

Le conseiller Marvin Rotrand déposera une motion qui appuie la volonté de légiférer de la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois. Marvin Rotrand espère que ce projet de loi permettra d’interdire la cigarette électronique des lieux publics à Montréal.

«Il n’existe aucune réglementation au Canada. Quand vous en achetez, vous ne savez pas quels produits il y a dedans. C’est peut-être mieux, peut-être pire qu’une cigarette», dénonce-t-il.

La Ville est loin d’être la seule à vouloir encadrer l’usage de la cigarette électronique, dont les effets sur la santé à long terme ne sont pas encore clairs. Aux États-Unis, des villes comme New York, Los Angeles, Boston et Chicago l’ont déjà exclue des lieux publics.

Le mois dernier, l’Organisation mondiale de la santé a demandé aux gouvernements du monde entier de faire de même.

Il faut dire que le marché de la cigarette électronique n’est plus négligeable. Il pèserait 3 milliards $ dans le monde, selon une estimation de l’OMS. C’est encore 100 fois moins que les revenus des cinq plus grosses entreprises de tabac, mais l’OMS considère que les ventes de cigarettes électroniques seront multipliées par 17 d’ici 2030.

Pas encore de règles
BOUTIQUES
À Montréal, les boutiques spécialisées dans la cigarette électronique poussent comme des champignons.
«J’en ai vu une trentaine au cours des trois derniers mois. Ce sont pratiquement tous d’anciens clients, d’ailleurs», affirme Julien-Pierre Maltais, gérant de Vaporus, première boutique spécialisée à s’être installée en ville en décembre 2012. «Ils ont vu qu’il y avait un profit à faire.»
Sa boutique comptait deux employés à ses débuts. Aujourd’hui, il y en a 15. La franchise ouvrira sa septième boutique au Québec d’ici Noël.
illégal
Santé Canada est très clair: vendre des cigarettes électroniques et leurs liquides est illégal à partir du moment où ils contiennent de la nicotine (les produits sans nicotine sont autorisés). Pour pouvoir vendre légalement un tel produit, il faudrait qu’il ait été approuvé par Santé Canada. Ça n’est jamais arrivé.
Que fait le ministère contre la prolifération de ce marché? Pas grand-chose: il envoie des lettres demandant l’arrêt de l’activité et bloque des colis à la frontière (2555 en 2013). «On a une approche basée sur le risque», a indiqué le service de communications du ministère.
En 2013, la Société canadienne du cancer a testé 9 e-liquides disant ne pas contenir de nicotine. Il y en avait dans six d’entre eux. Une recharge comme celle de la marque Vapur fait partie des épinglés. Nous avons pu mettre la main dessus dans le premier dépanneur venu.
écoles
La cigarette électronique attire les jeunes. Un sondage de la Société canadienne du cancer indique qu’un élève sur trois du secondaire y a déjà touché.
Plusieurs commissions scolaires ont décidé de l’interdire purement et simplement dans les cours d’école, au même titre que le tabac.
Depuis l’année dernière, c’est le cas de la Commission scolaire des affluents, qui gère 35 000 élèves sur la Rive-Nord.
«On ne dit pas que la cigarette électronique est bonne ou mauvaise, on ne veut pas encourager le geste de fumer. On est une institution éducative, alors si on autorise, on n’envoie peut-être pas le bon message aux élèves», précise Éric Ladouceur, responsable des communications à la CSA.
La commission scolaire de l’Estuaire, sur la Côte-Nord, et celle de Kamouraska-Rivière-du-Loup (CSKR), dans le Bas-Saint-Laurent, ont également banni le produit.
Restaurants
Actuellement, chaque restaurant fait ce qu’il veut, selon qu’il considère que les odeurs de la cigarette électronique sont incommodantes ou pas. «Sur le terrain, il n’y a pas de problème à régler», constate François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association des restaurateurs du Québec.
Si le gouvernement décide de légiférer et d’interdire, «on ne s’y opposera pas. Mais ne veut pas revenir en arrière avec des zones vapoteurs et non vapoteurs, comme avec le tabac.»
HôpitauX
Là encore, faute de réglementation, c’est à chaque établissement de santé de mener sa propre politique. Au CHUM, à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont ou encore à l’Institut de cardiologie de Montréal, les vapoteurs sont traités de la même manière que les consommateurs de tabac: ils sont priés de se rendre dans les zones fumeurs.
prison
Les cigarettes électroniques sont interdites en prison, selon le ministère de la Sécurité publique du Québec.
De manière générale, tout ce qui peut produire de la fumée est banni des établissements pénitenciers. Les cigarettes électroniques produisent de la vapeur. Mais ce sont aussi des appareils équipés d’une batterie, un élément qu’on ne souhaite pas vraiment voir tomber entre les mains de prisonniers inventifs.
TRAVAIL
Un entrepreneur a pour obligation d’offrir un lieu de travail sain et sécuritaire. Cela étant dit, la cigarette électronique ne semble pour l’instant pas créer de tensions dans les bureaux. «Si les chefs des PME avaient eu des problèmes, on aurait eu des échos», estime Martine Hébert, vice-présidente et porte-parole nationale de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. Même son de cloche à l’Association québécoise des technologies.
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