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Étude

Moins de criminalité, mais plus de dépense pour la police

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Le Québec et l’Ontario sont les deux provinces cana­diennes où les habitants dépensent le plus pour leurs services de police.

Le Québec et l’Ontario sont les deux provinces cana­diennes où les habitants dépensent le plus pour leurs services de police.

C’est aussi dans ces deux provinces qu’on observe le taux de criminalité le plus bas au pays, révè­le une étude de l’Institut Fraser qui paraît aujourd’hui. Cependant, dans les trois territoires canadiens, c’est le phénomène inverse qui se produit: les habitants dépensent encore plus pour la police, mais c’est là que le taux de criminalité est le plus élevé.

L’étude porte principalement sur les coûts et le nombre de policiers qui augmentent depuis 2001 au Canada, alors que la criminalité est en baisse.

Entre 2001 et 2012, le taux de criminalité a diminué de 26,3%. Pourtant, le nombre de policiers a augmenté de 8,7%, peut-on y lire.

Efficacité

L’auteur, Livio Di Matteo, fellow senior de l’Institut Fraser, croit que ces résultats doivent amener les différents corps policiers du pays et les gouvernements à se poser des questions sur l’efficacité de leurs services.

«Il est certain que le travail de la police a beaucoup changé, les gens ont beaucoup plus d’attentes envers les policiers aujour­d’hui. Mais je crois que chaque service de police doit se demander s’il est possible d’être plus efficace, si toutes les tâches doivent être faites par des policiers en uniforme.»

Mais l’augmentation du nom­bre de policiers ne pourrait-elle pas justement expliquer la réduction de la criminalité?

«Oui, peut-être, avoue le chercheur. Mais ce n’est assurément pas le seul facteur, il y en a une panoplie. Par exemple, le vieillissement de la population est non négligeable puisque ce sont en moyenne des personnes plus jeunes qui commettent des crimes.»

M. Di Matteo, qui est aussi professeur à l’Université de Lakehead, en Ontario, a étudié les services de police des régions métropolitaines à travers le pays. Il a comparé le seuil de policiers que le service devrait compter, en fonction de la criminalité de la région et de plusieurs autres facteurs, avec le nombre réel de policiers. Et dans les deux tiers des cas, le nombre réel de policiers était beaucoup plus élevé que nécessaire.

En revanche, le Québec fait assez bonne figure puisque Sa­guenay, Québec et Trois-Riviè­res se classent parmi les 10 mé­tro­­po­les les plus efficaces du pays. Mont­réal se classe dans la moyen­ne, avec cinq policiers de plus que prévu pour 100 000 habitants.

8,7 %
Augmentation du nombre de policiers au Canada, tandis que le taux global de criminalité a baissé de 26,3 %.
45,5 %
Augmentation du coût par habitant des services de police, alors que le nombre d’infractions au Code criminel par policier a diminué de 36,8 %.
100 000 $
Salaire annuel minimum de 2983 des 8000 policiers de Toronto.
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