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Santé

Freud en prend pour son rhume

Lamontagne
illustration benoit tardif, colagene.com

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Le crépuscule d’une idole, un livre très bien documenté du philosophe français Michel Onfray et La psychanalyse ne résiste pas à l’analyse, un article étoffé (119 références) publié au Québec, portent un coup dur à la psychanalyse et à son fondateur Sigmund Freud.

Le crépuscule d’une idole, un livre très bien documenté du philosophe français Michel Onfray et La psychanalyse ne résiste pas à l’analyse, un article étoffé (119 références) publié au Québec, portent un coup dur à la psychanalyse et à son fondateur Sigmund Freud.

Ces deux documents démontrent d’abord que les patients du psychanalyste Sigmund Freud non seulement n’ont pas été guéris, mais ont aussi été victimes de son dogmatisme et de la falsification de ces résultats pour dissimuler les échecs de son dispositif analytique.

Gens fortunés

Les patients de Freud étaient des gens fortunés qui payaient des tarifs exorbitants, parfois couplés de généreux dons. Par exemple, la baronne Marie von Ferstel transféra au nom de Freud la propriété d’une villa qu’elle possédait dans une station de vacances, près de Vienne. Freud s’empressa de la vendre à gros prix.

Contrairement à l’image classique du psychanalyste qui écoute et démontre une neutralité bienveillante, les faits mis en cause montrent Freud qui intervient dans la vie des gens, qui donne des conseils et impose sa vision des choses. Bien plus, il utilisait aussi l’électrothérapie, la balnéothérapie, l’hypnose, l’imposition des mains et d’autres techniques, ce qui embrouille davantage les résultats.

Dépendance

Si l’objectif de toute thérapie est d’amener l’autonomie du patient, il est clair que plusieurs patients avaient une forte dépendance envers Freud qu’ils voyaient de neuf à douze fois par semaine et certains pendant des années. Comment ne pas douter des résultats concrets de ses thérapies?

Chamane viennois, guérisseur extrêmement coûteux, Freud recourt à une pensée magique dans laquelle son verbe fait la loi.

Selon l’auteur Michel Onfray, c’est ce qui explique la popularité de Freud et la survivance de la psychanalyse.

Il semble que l’on entre en psychanalyse comme on entre en religion: croyance aveugle en son créateur, intolérance à l’égard des hérétiques, sentiment de supériorité à l’égard de ceux qui n’adhèrent pas aux principes du créateur et utilisation d’un langage réservé aux initiés.

J’ai déjà eu à faire face à ce genre de discours. Au cours d’une de mes conférences sur la thérapie comportementale, à la période de questions, un psychanalyste m’avait lancé: «Quoi que vous disiez, je sais que j’ai la vérité avec la psychanalyse». Je lui avais répondu: «Hitler pensait exactement comme vous».

Heureusement, de nos jours, la majorité des professionnels de la santé mentale font fi de la psychanalyse à cause de son caractère farfelu et de son absence de fondement scientifique.

Selon Onfray, le freudisme et la psychanalyse reposent sur une affabulation de haute volée, appuyée sur une série de légendes. Connaîtrons-nous vraiment le fond de l’histoire?

Il est intéressant de constater que certains documents liés à l’histoire de la psychanalyse, conservés à la Bibliothèque du Congrès de Washington, restent classés et inaccessibles jusqu’en 2057. D’autres documents n’ont même pas de dates de déclassification. Tant que ces documents sont encore classifiés, nous ne pourrons pas faire toute la lumière sur une pratique de plus en plus remise en question.


Références :

1) Onfray, M. : Le crépuscule d’une idole : l’affabulation freudienne. Paris, Grasset, 612 pages, 2010.

2) Larivée, s., et Coulombe, E. : La psychanalyse ne résiste pas à l’analyse. Revue de Psychoéducation, volume 42, numéro 1, pages 185-230, 2013.
 
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