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Les forages à Cacouna approuvés sans avis scientifiques formels

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AFP Les tests en vue de construire un terminal pétrolier au large de Cacouna ont pris fin brusquement mardi alors que la Cour supérieure a ordonné l’arrêt des travaux jusqu’à la mi-octobre.

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Le gouvernement Couillard a approuvé des forages au cœur d’une pouponnière de bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent «pour des raisons inexpliquées» et sans avis scientifique formel.

Durant la phase d’analyse du projet, la biologiste responsable du dossier au ministère de l’Environnement se montrait pourtant «inquiète de l’effet des travaux projetés sur ses bélugas», peut-on lire dans le jugement de la Cour supérieure qui a stoppé temporairement, mardi, les travaux menés par TransCanada.

Malgré ses demandes insistantes, ni TransCanada ni Pêches et Océans Canada n’ont répondu à ses questions «fort légitimes» concernant l’impact des forages sur les bélugas, une espèce menacée, dit la juge Claudine Roy.

Coup de théâtre

Or, le 13 août, coup de théâtre: la fonctionnaire achève son rapport d’analyse «dans lequel elle recommande la délivrance du certificat d’autorisation».

Ce rapport, souligne la juge, «ne fait pas ressortir les questions qui demeurent non répondues et qui inquiétaient son auteure depuis le début de l’analyse, ni les limites des connaissances scientifiques ni pourquoi finalement [la biologiste] choisit de recommander la délivrance du certificat d’autorisation».

Reprise des travaux

De son côté, le premier ministre a réagi au jugement hier matin en affirmant que les travaux de TransCanada sont «absolument nécessaires» pour faire une évaluation environnementale du projet de terminal pétrolier à Cacouna.

La Cour supérieure a ordonné l’arrêt des travaux jusqu’au 15 octobre. Après cette date, les forages recommenceront, a indiqué Philippe Couillard.

Quant au ministre de l’Environnement, David Heurtel, toujours à New York pour le sommet sur les changements climatiques, il avait mercredi «un horaire trop chargé» pour parler aux médias, a expliqué son attachée de presse. Il s’expliquera sur cette question jeudi.

Ministre convoqué

Le député de la Coalition avenir Québec, Donald Martel, veut maintenant convoquer le ministre à l’Assemblée nationale pour qu’il s’explique.Les péquistes souhaitent de leur côté que le certificat d’autorisation soit annulé. «M. Heurtel est-il le ministre des pétrolières ou le ministre de l’Environnement?» s’est indigné Sylvain Gaudreault.

La députée solidaire Manon Massé a même accusé le ministre Heurtel de ne «pas respecter nos lois québécoises en favorisant les forages à Cacouna».

Passages troublants du jugement
Les inquiétudes de la «jeune biologiste qui en est à sa première année comme analyste au ministère» ont tout simplement disparu du rapport final.
Pêches et Océans Canada a refusé de donner un avis scientifique formel au ministère de l’Environnement.
«Aucun des représentants du ministère ayant travaillé sur le dossier ne connaît les mammifères marins», déplore la juge.
Le ministre David Heurtel a demandé à TransCanada de «signer un engagement écrit stipulant que les travaux ne causeront pas de préjudice aux mammifères marins», ce que l’entreprise a refusé de faire.
Malgré tous ces éléments et «pour des raisons inexpliquées à ce stade du dossier, le ministre [David Heurtel] décide alors de délivrer le certificat d’autorisation», note la juge Roy.
Le directeur régional du ministère «reconnaît avoir pris sa décision sans avoir lu toute l’information que [le dossier] contient».
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