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Fausses allocations de dépense

Jocelyn Dupuis coupable d’avoir fraudé la FTQ-Construction

Jocelyn Dupuis
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier Jocelyn Dupuis, l'ex-patron de la FTQ accusé d'avoir fait des fausses allocations de dépense a été déclaré coupable aujourd'hui au palais de justice de Montréal.

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L’ex-patron de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, a beau jurer avoir falsifié ses allocations de dépenses pour le bien des travailleurs de la centrale syndicale, le juge n’y a pas cru.

«Cette proposition voulant que ça corresponde à de vraies dépenses défie le bon sens, la logique et la raison», a estimé le juge Denis Lavergne dans sa décision rendue hier au palais de justice de Montréal.

Dupuis a ainsi été reconnu coupable de fraude et de fabrication de faux, entre 2007 et 2008, pour 43 allocations de dépenses montrant qu’il menait un somptueux train de vie.

« rien de mal »

Depuis le début, il jurait pourtant qu’il n’avait rien fait de mal. Ses repas princiers, ses factures de restaurant gonflées à bloc, son kilométrage exagéré, c’était pour le bien des travailleurs de la centrale syndicale. Tout était remis lors d’activités syndicales qu’il payait de sa poche, avait-il plaidé.

Sur 225 000 dollars réclamés en 11 mois, au moins 63 000  correspondent à de la fraude, a noté le juge.

Et les témoignages de membres de la direction de la FTQ-Construction, qui avaient avoué leur admiration sans bornes à l’accusé, n’ont pas fait changer d’avis le juge. Selon le magistrat, il est «contraire au bon sens» que la centrale syndicale ait accepté de rembourser Dupuis avec en preuve des factures qu’elle savait fausses.

D’autant plus que quand le scandale des allocations de dépense avait été révélé au grand jour, la FTQ-Construction avait changé sa façon de faire. Et comme par hasard, Dupuis était aussi rentré dans le rang.

«Cette régularisation soudaine [...] et la réforme entreprise subséquemment par la FTQ-Construction en vue de resserrer le contrôle des dépenses raffermissent l’illogisme de cette proposition», a noté le juge.

Lors du procès, au printemps dernier, des experts avaient révélé que Dupuis menait en effet un train de vie somptueux. Il pouvait payer jusqu’à 1000 $, seulement pour un lunch.

Jocelyn Dupuis, qui risque un maximum de 10 ans de prison, n’a pas souhaité commenter le verdict.

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