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Nage synchronisée

Comme deux grandes sœurs

Jacqueline Simoneau et Karine Thomas forment le duo d’avenir du Canada

À 18 et 25 ans respectivement, Jacqueline Simoneau (à gauche) et Karine Thomas font fi de leur différence d’âge pour former le duo d’avenir de l’équipe canadienne,
photo Alain Bergeron À 18 et 25 ans respectivement, Jacqueline Simoneau (à gauche) et Karine Thomas font fi de leur différence d’âge pour former le duo d’avenir de l’équipe canadienne,

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«Mon petit frère est un peu tannant, alors j’avais toujours souhaité avoir une grande sœur!»

Jacqueline Simoneau l’a trouvée en Karine Thomas. Et comment! Malgré les sept années et demie qui les séparent, la paire vedette de l’équipe canadienne de nage synchronisée fait la démonstration en accéléré que l’écart d’âge ne compte pas dans l’eau. En l’espace de quelques mois, leur talent et leur complicité réunis ont donné au Canada toutes les raisons de croire qu’il avait trouvé son duo sur lequel miser aux Jeux olympiques de Rio.

«Honnêtement, ça nous a surpris nous-mêmes. On a commencé à travailler ensemble seulement au mois de décembre dernier et ça a cliqué tout de suite. On a décidé de ne pas regarder en arrière et de ne pas trop se poser de questions. On a juste commencé à travailler et à foncer. Le progrès qu’on a fait dans les six derniers mois est vraiment remarquable», donne à entendre Thomas, servie par la sagesse de son expérience à Londres en 2012.

Un duo historique!

La jeune Simoneau, qui a tout juste fêté ses 18 ans lundi, apparaît comme le nouveau diamant de ce sport au pays. La Montréalaise a quitté la catégorie junior, au mois d’août, avec rien de moins que le titre de vice-championne mondiale à l’épreuve solo. Son association naturelle avec Karine Thomas, seule olympienne encore en fonction dans l’équipe canadienne, fait dire à leur entraîneur qu’elles représentent «le plus beau projet de sa carrière jusqu’à maintenant».

«Lors du dernier championnat canadien [en mai à Saskatoon], des entraîneurs sont venus me voir pour me dire qu’elles n’avaient jamais vu un duo aussi talentueux dans les 20 dernières années au Canada. Je ne suis pas originaire d’ici, mais je comprends quand même que ça signifie beaucoup d’entendre ça», affirme la Chinoise Meng Chen, engagée à la tête de l’équipe canadienne au lendemain des Olympiques de Londres.

Un premier test

Pour la première fois à deux ans de leur objectif de 2016, les deux Québécoises pourront mesurer la réelle profondeur des eaux internationales, jeudi soir, au PEPS de l’Université Laval. La Coupe du monde de Québec leur fournira un premier véritable terrain de jeu pour s’évaluer devant l’élite mondiale. «La dernière année m’a beaucoup aidée à m’acclimater au rythme parce que je partageais mon temps entre les catégories junior et senior. Maintenant, tout se fait plus facilement parce que je peux mettre mon focus seulement sur ce qui s’en vient dans ma nouvelle catégorie. Non, je ne ressens pas de pression parce que c’est ce que j’aime faire, de toute façon», avise Simoneau.

«On est perfectionniste, toutes les deux. La pression viendra toujours de nous d’abord et non de l’extérieur», ajoute... sa grande sœur.


 

Histoires de Jell-O et de pince-nez

Le mot «recette» tant galvaudé dans la réussite sportive prend une réelle saveur chez les nageuses quand on apprend qu’elles s’enduisent les cheveux de... Jell-O!

On ne doit donc pas s’étonner de voir le nom de Knox parmi les commanditaires de l’équipe canadienne de nage synchronisée.

Ce fabricant de gélatine permet aux athlètes de gominer leur tête au point de former une croûte aussi efficace qu’un bonnet de bain. Une longue séance de maquillage terminera l’exercice de séduction auprès des juges.
«En tout, il faut compter au moins

45 minutes pour faire ce travail, en plus de la période de réchauffement. Il faut mettre le temps, mais disons que ça nous empêche de dormir 45 minutes de plus dans notre journée!», s’en amuse Jacqueline Simoneau.

Un pince-nez dissimulé

Ce sport de puissance et d’explosion cache sous l’eau des détails que le spectateur ne saisit pas. Comme la précaution chez les nageuses de dissimuler sous leur maillot un deuxième pince-nez au cas où celui qu’elles portent atterrisse au fond de la piscine après le coup de coude accidentel d’une coéquipière.

«Ça m’est arrivé une seule fois, de perdre mon pince-nez, et ce n’est vraiment pas amusant avec toute l’eau qui nous entre dans les sinus», témoigne Karine Thomas, qui s’est convertie à ce sport en 2000.

«Par contre, je n’ai jamais eu le temps de mettre mon autre pince-nez. La nage synchronisée évolue tellement rapidement que les routines sont de plus en plus dynamiques que je n’aurais pas deux secondes de libres sous l’eau pour prendre le temps de trouver mon pince-nez», avoue l’athlète originaire de Gatineau.

«C’est plus psychologique qu’autre chose, croit sa coéquipière Simoneau. On répète des routines des milliers de fois en entraînement et on ne perd jamais notre pince-nez. Pourquoi est-ce que je le perdrais en compétition?»

 

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